L’allaitement pourrait réduire le risque d’endométriose

EN BREF – Selon une analyse portant sur plus de 72.000 femmes ayant eu une ou plusieurs grossesses (d’une durée au moins égale à dix mois), la durée de l’allaitement est corrélée avec une diminution du risque d’endométriose. Cette association pourrait notamment être en lien avec l’interruption des règles durant l’allaitement.

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Afin d’étudier les liens entre allaitement et endométriose, des chercheurs nord-américains ont analysé les données d’une très vaste cohorte de femmes suivies entre 1989 et 2011, en se concentrant sur 72.394 participantes ayant été enceintes durant "au moins six mois". Parmi elles, 3.296 avaient, sur cette période, reçue un diagnostic d’endométriose confirmé par cœlioscopie.

La durée de l'allaitement, partiel ou total, s’est révélée significativement corrélé au risque d’endométriose, expliquent les chercheurs. "Pour chaque période supplémentaire de trois mois d'allaitement [exclusif ou non], par grossesse, les femmes de la cohorte avaient un risque d'endométriose diminué de 8% [1]", constatent-ils, précisant que la diminution constatée était "de 14% pour trois mois d'allaitement exclusif par grossesse [2]". Dans la cohorte étudiée, "les femmes qui ont allaité [plus de 36 mois durant toute leur vie] avaient un risque d'endométriose réduit de 40% [3] par rapport à celles qui n’avaient jamais allaité", illustrent-ils.

L’analyse statistique démontre une association entre la durée de l’aménorrhée post-partum (l’interruption des règles suite à l’accouchement, puis à l’allaitement) et la diminution du risque d’endométriose – fait déjà établi dans la littérature scientifique –, mais cette influence semble partielle. L’allaitement apparaît donc avoir une influence propre sur le risque d’endométriose. Les mécanismes en jeu doivent encore être élucidés.

la rédaction d'Allodocteurs.fr

Source : L.V. Farland et al. History of breast feeding and risk of incident endometriosis: prospective cohort study BMJ 2017; 358 doi: 10.1136/bmj.j3778


[1] Extrapolée à la population générale cette diminution du risque serait d’au moins 6% et d’au plus 10%, la valeur exacte ayant 95% de chances d’être comprise entre ces deux valeurs.

[2] Extrapolée à la population générale cette diminution du risque serait d’au moins 10% et d’au plus 19%, la valeur exacte ayant 95% de chances d’être comprise entre ces deux valeurs.

[3] Extrapolée à la population générale cette diminution du risque serait d’au moins 28% et d’au plus 50%, la valeur exacte ayant 95% de chances d’être comprise entre ces deux valeurs