La surmortalité des diabétiques reste une réalité

Les personnes diabétiques présentent toujours un risque de décès plus élevé que le reste de la population française, malgré l'amélioration de leur suivi médical, selon une étude publiée ce 8 novembre.

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France Télévisions

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De nombreuses études ont déjà mis en évidence un risque accru de mortalité chez les personnes diabétiques en comparaison aux personnes non diabétiques. Cette surmortalité concerne notamment la mortalité liée aux maladies cardiovasculaires, rénales, de l'appareil digestif, infectieuses et respiratoires, mais aussi, dans une moindre mesure, certaines localisations de cancers. Ce constat reste une réalité, selon une étude de cohorte publiée par Santé publique France.

L’analyse des chercheurs a porté sur 5.869 personnes diabétiques de plus de 45 ans, suivies entre 2007 et 2012. Les chercheurs ont pu déduire qu’à l’échelle de la population générale, pour une tranche d'âge donnée, le fait d’être diabétique est associé à une surmortalité (toutes causes de décès confondues) accrue d'au moins 23% pour les hommes, et d'au moins 38% pour les femmes[1].

Les chercheurs font un constat d’optimisme, en soulignant que ces chiffres sont, pour les hommes, meilleurs que ceux obtenus en analysant les données relatives à 8.437 personnes suivies entre 2002 et 2006. Pour eux, le taux de surmortalité semble avoir décru d’au moins 18% [2] entre les deux périodes.

L’étude observe en particulier que "l'excès de mortalité par maladie cardiovasculaire", première cause de décès chez les diabétiques, "ne diminue pas" chez les femmes (74%, contre 68% entre les deux cohortes) et "reste élevé" chez les hommes (à 41% contre 62%).

"L'étude de l'évolution du contrôle des facteurs de risque vasculaire entre les cohortes […] a montré, chez les personnes diabétiques de type 2 (la forme la plus courante du diabète, NDLR), une amélioration du contrôle glycémique, de la pression artérielle et du LDL-cholestérol, mais une augmentation de la [fréquence] de l'obésité, et un tabagisme toujours présent", note l'étude.

"L'absence de diminution de la mortalité cardiovasculaire observée chez les femmes diabétiques pourrait être liée en partie à l'augmentation de leur consommation de tabac", estiment les chercheurs. "Ces résultats rappellent l'importance des mesures de prévention des complications cardiovasculaires du diabète et soulignent que des progrès sont encore nécessaires", conclut l'étude.

Le diabète accroit la surmortalité en augmentant les risques de complications podologiques (pied du diabétique), rénales ou cardiovasculaire. La probabilité de développer un diabète de type 2 est par ailleurs accrue par le tabagisme et l’obésité, eux-mêmes associés à de nombreuses autres pathologies : le diabète n’est alors pas nécessairement la cause de ces pathologies (même s’il peut constituer un facteur aggravant).

 

[1] L’extrapolation pour la population générale est associée à une incertitude importante. Le sur-risque apparaît compris entre +23% et +45% pour les hommes, et entre +38% et +66% pour les femmes. La valeur présentée dans l’article est la plus optimiste, et ne constitue donc qu’une estimation "a minima".

[2] Ici encore, la valeur retenue est la plus faible. La diminution est estimée entre +18% et +56%. Toutefois ce calcul se base sur la comparaison des données brutes des cohortes (dans lesquelles la surmortalité observée est de +53% entre 2002-2006 et de +34% entre 2007 et 2012), et non sur la généralisation à l’ensemble de la population (qui reste une estimation, l’échantillon constitué par les cohortes n’étant pas nécessairement parfaitement représentatif). Pour la cohorte 2002-2006, la surmortalité toutes causes par rapport à la population générale était comprise "entre +44% et +63%". Elle est désormais estimée "entre +23% et +45%".