La dialyse en centre serait-elle trop bien rémunérée ?

Salaires mirobolants, bénéfices records, possibles détournements de fonds... À la Réunion, l'Aurar, une association qui réalise des dialyses, est dans le collimateur de la chambre régionale des comptes. Une information révélée ce mercredi 8 novembre par le Canard Enchaîné. Un cas qui ne serait pas isolé.

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Au-delà du cas particulier de l'Aurar, révélé par le Canard Enchaîné, les centres de dialyse sont régulièrement pointés du doigt pour leurs dérives coûteuses pour l'Assurance maladie. Très rémunératrice, la dialyse serait parfois préférée à la transplantation rénale. Les patients voient pourtant leur qualité de vie s'améliorer grâce à la greffe. Les associations de patients veulent en finir avec ce système. Elles réclament une réforme du mode de financement de la dialyse.

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Dans ces centres, les dialyses sont facturées à l'acte et sont donc très rentables. En 2015, la Cour des comptes avait déjà dénoncé des tarifs surévalués. L'association Renaloo publie aujourd'hui une lettre ouverte pour demander une réforme du financement et privilégier la dialyse à domicile mais aussi la greffe du rein : "Nous demandons aux pouvoirs publics de réfléchir à un rééquilibrage des tarifs pour que la greffe soit plus développée dans notre pays, pour que les professionnels soient plus incités à pratiquer la greffe et moins incités à pratiquer la dialyse en centre", explique Magali Léo.

La greffe plutôt que la dialyse

La dialyse en centre coûte quatre milliards d'euros par an à l'Etat. Un chiffre qui pourrait atteindre cinq milliards d'ici 2025. L'une des solutions pour faire des économies serait de développer la greffe du rein. Mais là encore, les centres de dialyse la proposent très rarement. Seuls 3% des patients en bénéficient.

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Pourtant, la greffe permet une meilleure qualité de vie comme le confirme Magali Leo, de l'association Renaloo : "Il suffit de discuter avec des patients qui ont été greffés, leur vie s'est transformée du jour au lendemain. Ces patients peuvent travailler, ils peuvent renouer avec la vie sociale, la vie professionnelle et cela n'a pas de prix".

Près de 80.000 patients souffrent aujourd'hui d'insuffisance rénale chronique. Un chiffre en constante augmentation. Plus de la moitié d'entre eux survivent grâce à la dialyse.

La dialyse en centre serait-elle trop bien rémunérée ?
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