Grippe aviaire : l'abattage a déjà coûté 250 millions d'euros à la filière foie gras

Conséquence du virus H5N8 et de l'abattage massif des canards et des oies dans le sud-ouest de la France, la production de foie gras est réduite début mars de plus de moitié. La reprise d'activité dans les exploitations reste incertaine.

Élevage de canards à Bourriot-Bergonce (Landes), le 22 février 2017
Élevage de canards à Bourriot-Bergonce (Landes), le 22 février 2017 (GEORGES GOBET / AFP)
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Guillaume GavenRadio France

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En 2016, les professionnels du foie gras ne pensaient pas se relever de l'épisode du virus H5N1. Puis est arrivé le H5N8, encore plus virulent. La conséquence aura été la même : un abattage massif et préventif dans les élevages du sud-ouest de la France. Mercredi 8 mars, la zone d’abattage préventif des canards et des oies destinée à endiguer l’épizootie de grippe aviaire a encore été étendue pour passer à 609 communes. Début mars, le virus a déjà coûté 250 millions d'euros à la filière et la production est réduite de plus de moitié.

Si les ventes de foie gras n'ont pour l'instant baissé que de 2% en valeur, elles ont diminué de 9% en volume. Au total, selon Marie-Pierre Pé, porte-parole du Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog), 9,7 millions de canards ne seront pas produits : "Sur ce total, 3,5 millions d'animaux ont été victimes du virus. Le reste concerne les animaux qui ne peuvent pas être produits à cause de la mise à l'arrêt des exploitations".

Renforcer la détection et améliorer les conditions sanitaires

Avec la mise à l'arrêt des exploitations du Sud-Ouest, 6 000 personnes seront d'ici quelques semaines au chômage technique... sans savoir pour combien de temps. "Quand on dit aux exploitants qu'on va débuter la mise à l'arrêt mi-mai pour une reprise début septembre, ils nous rétorquent : 'Bah non... Il y a encore eu un cas hier'", témoigne Michel Fruchet, président du groupe foie gras à la Fédération française des industries d’aliments conservés (Fiac), la filière aval, qui rassemble l'abattage, la découpe et la conserve.

Si l'État a promis de compenser le manque à gagner, pas question de vivre une troisième crise de cette ampleur. L'interprofession envisage de renforcer la détection d'éventuels futurs cas et de renforcer les conditions sanitaires, notamment en nettoyant et en désinfectant systématiquement les camions de transport.