Le virus Ebola est "hors de contrôle" en Afrique de l'Ouest, alerte MSF

L'ONG évoque une situation d'urgence et le risque d'une propagation vers de nouveaux pays.

Du personnel médical de Médecins sans frontières transporte le corps d'une victime du virus Ebola, à Guéckédou (Guinée), le 1er avril 2014.
Du personnel médical de Médecins sans frontières transporte le corps d'une victime du virus Ebola, à Guéckédou (Guinée), le 1er avril 2014. (SEYLLOU / AFP)

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Une situation alarmante. La Guinée, le Liberia et la Sierra Leone comptent "60 foyers actifs" de fièvre hémorragique en grande partie due au virus Ebola, aujourd'hui "hors de contrôle", a indiqué lundi 23 juin Médecins sans frontières (MSF) dans un communiqué.

Cette épidémie "est d'une ampleur sans précédent de par sa répartition géographique, de par le nombre de cas et le nombre de victimes", a alerté l'ONG. "Avec l'apparition de nouveaux foyers en Guinée, en Sierra Leone et au Liberia, le risque d'une propagation à d'autres zones est aujourd'hui réel", a averti le docteur Bart Janssens, directeur des opérations de MSF.

Selon les premiers bilans de l'OMS pour la Guinée, la Sierra Leone et le Liberia, 567 cas de fièvre hémorragique ont été enregistrés depuis le début de l'année, dont 385 ont été confirmés par des analyses comme étant dus au virus Ebola. On y dénombre 350 morts sur les 567 cas recensés, soit un taux de décès de près de 62%.

Une situation d'urgence

Le virus est hautement contagieux et souvent mortel, selon l'OMS. Il est transmis à l'homme à partir d'animaux sauvages et se propage ensuite d'homme à homme. Il n'y a pas de vaccin ni de traitement spécifique contre la fièvre Ebola.

"La multiplication des zones touchées rend difficile la prise en charge des patients et le contrôle de l'épidémie", affirme MSF, qui a pris en charge dans ses centres de traitement depuis mars "près de 470 patients, dont 215 cas confirmés" d'Ebola. L'ONG compte "actuellement près de 300 travailleurs expatriés et nationaux" en Guinée, en Sierra Leone et au Liberia. Elle ne peut plus envoyer d'équipes sur les nouveaux foyers, "qui nécessitent pourtant une prise en charge urgente", alerte l'ONG.