L'OMS annonce la fin de l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest

Partie en décembre 2013 du sud de la Guinée, l'épidémie a fait plus de 11 000 morts.

Des habitants se félicitent de la fin de l'épidémie d'Ebola, lors d'un concert d'artistes africains internationaux, le 30 décembre 2015 à Conakry (Guinée).
Des habitants se félicitent de la fin de l'épidémie d'Ebola, lors d'un concert d'artistes africains internationaux, le 30 décembre 2015 à Conakry (Guinée). (CELLOU BINANI / AFP)

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C'est la fin de deux ans de cauchemar en Afrique de l'Ouest. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé, jeudi 14 janvier, l'épilogue de l'épidémie d'Ebola dans cette région. Il s'agit, avec plus de 11 000 morts, de la plus grave épidémie depuis l'identification du virus il y a 40 ans. Partie en décembre 2013 du sud de la Guinée, elle s'était propagée au Liberia et à la Sierra Leone voisins, les trois pays les plus touchés, puis au Nigeria et au Mali.

En deux ans, le virus aura atteint dix pays, dont l'Espagne et les Etats-Unis, et officiellement fait 11 315 morts pour 28 637 cas recensés. Un bilan sous-évalué, de l'aveu même de l'OMS, mais supérieur à toutes les épidémies d'Ebola cumulées depuis l'identification du virus en Afrique centrale en 1976.

La vigilance reste de mise

Après la Sierra Leone le 7 novembre et la Guinée le 29 décembre, le Liberia a été officiellement déclaré exempt de transmission d'Ebola au cours des 42 derniers jours (deux fois la durée maximale d'incubation) depuis le second test négatif sur le dernier patient.

Mais le risque persiste en raison de la subsistance du virus dans certains liquides corporels de survivants, notamment le sperme, où il peut survivre jusqu'à neuf mois, comme le Liberia en a fait l'amère expérience. Déclaré débarrassé d'Ebola en mai puis en septembre 2015, il a connu ensuite à chaque fois des résurgences localisées.

"Cette maladie ne peut plus nous détruire comme elle l'a fait", veut pourtant croire le responsable de la cellule nationale de crise anti-Ebola, Francis Karteh. "Nos médecins et soignants ne la connaissaient pas, c'est pourquoi beaucoup en sont morts." Au Liberia, 378 soignants ont été contaminés, dont 192 ont succombé.