Fièvre Ebola : l'épidémie est l'une des "plus effrayantes" jamais enregistrées

Selon un responsable de l'OMS, l'épidémie, qui touche l'Afrique de l'Ouest, pourrait encore durer de deux à quatre mois.

Des médecins de Médecins sans frontières (MSF) transportent le corps d'une personne morte de la fièvre Ebola, à Guékédou (Guinée), le 1er avril 2014.
Des médecins de Médecins sans frontières (MSF) transportent le corps d'une personne morte de la fièvre Ebola, à Guékédou (Guinée), le 1er avril 2014. (SEYLLOU / AFP)

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L'épidémie de fièvre Ebola en Afrique occidentale figure parmi "les plus effrayantes" jamais enregistrées depuis l'apparition de la maladie il y a quarante ans, a déclaré, mardi 8 avril, l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Au total, 111 personnes en sont mortes cette année, selon l'OMS.

Francetv info revient sur les spécificités de cette nouvelle épidémie. 

Une propagation "inquiétante"

Au cours d'un point de presse effectué à Genève, Keiji Fukuda, vice-directeur général de l'OMS, a indiqué que la propagation de l'épidémie était particulièrement inquiétante. Elle a commencé dans le sud de la Guinée, pour s'étendre vers la capitale Conakry et le pays voisin, le Liberia.

L'OMS a déclaré s'attendre à ce que l'épidémie du virus Ebola en Afrique de l'Ouest dure de deux à quatre mois. "Nous n'avons pas eu jusqu'à présent d'épidémie d'Ebola dans cette partie de l'Afrique", a-t-il déclaré. 

Pour Stéphane Hugonnet, un expert médical de l'OMS, qui vient de rentrer de Guinée, "nous ne devrions pas accorder trop d'importance aux chiffres", mais surtout à "la tendance et à la propagation de l'infection. Apparemment, il y a un risque que d'autres pays soient infectés, donc nous devons à tout prix rester vigilants", a-t-il déclaré à la presse. 

Au moins 101 morts en Guinée

Selon les derniers chiffres publiés mardi par l'OMS, il y a 157 cas au total en Guinée, dont 101 mortels. Soixante-sept cas ont été confirmés par des analyses en laboratoire. Vingt cas ont été enregistrés pour la seule ville de Conakry. 

Au Liberia, on compte 21 cas, dont 10 mortels. Cinq cas ont été confirmés par un laboratoire. Il y a aussi eu des cas en Sierra Leone, touchant des personnes soupçonnées d'avoir contracté la maladie en Guinée. Enfin, au Mali, neuf cas suspects ont été dénombrés. 

L'épidémie la plus importante à ce jour a eu lieu en 2000, en Ouganda, avec 425 cas, dont la moitié ont été mortels.

Un virus particulièrement mortel

Le virus Ebola laisse peu de chance de survie aux malades atteints en Guinée. Il s'agit du "type Zaïre", la plus mortelle des cinq espèces de la famille des rétrovirus qui causent l'Ebola, indiquait-on jeudi

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EMILIE TRAN NGUYEN - FRANCE 2

Les épidémies les plus violentes ont affiché un taux de mortalité de 90%, et il n'y a ni vaccin, ni traitement. La fièvre Ebola se traduit par des hémorragies, des vomissements et des diarrhées. Les chances de survie augmentent pour les malades s'ils sont hydratés. Le virus peut être transmis à l'homme par des animaux sauvages, et d'homme à homme par des contacts directs. Ainsi, selon les spécialistes, l'isolement des malades confirmés et des cas suspects est l'unique moyen de rompre la chaîne de transmission du virus.

Des mesures prises dans certains pays, mais pas de restrictions de voyages

Plusieurs pays, dont des voisins de la Guinée, ont déployé des équipes sanitaires à leurs frontières et mènent des campagnes de sensibilisation et de prévention. Notamment au Sénégal, où aucun cas suspect n'a pour l'instant été signalé. La ministre sénégalaise de la Santé a testé, mardi, le dispositif de prévention mis en place au port et à l'aéroport de Dakar, qui sont parmi les plus fréquentés en Afrique de l'Ouest. "Nous avons les éléments qu'il faut pour prendre les mesures en cas de risque Ebola, nous avons un système bien huilé", a affirmé Eva Marie Coll Seck.

Le dispositif de lutte contre la fièvre hémorragique mis en place depuis plusieurs semaines comprend une surveillance épidémiologique accrue, des réunions de coordination régulières, le déploiement d'équipes sanitaires, l'arraisonnement de navires venant des pays touchés par l'épidémie, ainsi que l'établissement d'aires d'isolement des cas suspects. Dakar avait par ailleurs fermé, le 30 mars, ses frontières terrestres avec la Guinée voisine pour empêcher toute contamination.

Pour sa part, l'agence des Nations unies n'a recommandé aucune limitation des voyages à destination de la Guinée ou du Liberia, les deux pays les plus touchés.