Ils ne fument pas, ils "vapotent". Environ 500 000 Français seraient désormais convertis à la cigarette électronique, affirmaient Les Echos en août 2012. Pour évaluer ses bénéfices et risques, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a décidé de réclamer une enquête sur les effets de ce dispositif. Une manière pratique de contourner la loi Evin pour certains, un moyen de fumer moins cher pour d'autres. Mais que contient une cigarette électronique ? Vous aide-t-elle vraiment à arrêter de fumer ? Francetv info vous apporte des éléments de réponse.

Que trouve-t-on dans une cigarette électronique ?

Mise au point en 2003 en Chine, la cigarette électronique ressemble à un stylo à bille et produit une vapeur inodore ou parfumée. Elle contient une cartouche dont la solution s'échauffe au contact d'une résistance, dégageant une vapeur que le "vapoteur" inhale, et une diode, située à son extrémité, simule la combustion, comme le montre cette infographie explicative du Figaro.

Dans ces cartouches, pas de tabac ni de goudron. Le liquide est généralement composé de propylène glycol et/ou de glycérine végétale, d'arômes alimentaires, d'un peu d'eau et d'alcool. La nicotine est optionnelle et proposée à différents dosages.

Est-elle considérée comme un médicament ?

L'e-cigarette est interdite dans certains pays comme le Brésil, l'Argentine ou Singapour, mais elle est considérée comme un médicament par d'autres, comme le Danemark ou l'Autriche par exemple.

En France, "quand elles sont alimentées par une cartouche contenant au moins 10 mg de nicotine, elles sont considérées comme des dispositifs médicaux et doivent à ce titre disposer d'un marquage CE attribué par un laboratoire agréé auprès de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Si la concentration en nicotine de la recharge est inférieure à 10 mg, elles sont considérées comme des biens de consommation courante", explique Le Figaro.fr.

L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a expliqué dans un communiqué de mai 2011 qu'"aucun fabricant de cigarette électronique n’a déposé de demande pour une autorisation de mise sur le marché". L'e-cigarette n'est donc pas reconnue comme médicament et ne devrait pas être vendue en pharmacie.

Cependant, un reportage du site Street Press d’avril 2012 démontre que, faute d'une réglementation précise, il est toujours possible de trouver des e-cigarettes dans certaines pharmacies. Elles sont également vendues sur internet et dans des boutiques spécialisées.

Aide-t-elle à arrêter de fumer ?

En 2011, le Bureau du cabinet britannique a tenté d’encourager les fumeurs à remplacer leurs cigarettes classiques par des e-cigarettes pour lutter contre le tabagisme, rapporte The Guardian (lien en anglais). Ce tube de plastique diffusant de la vapeur serait-il un moyen de diminuer, voire d'arrêter la consommation de tabac ?

En 2011 toujours, le professeur italien Riccardo Polosa a distribué les cigarettes électroniques à un groupe de 40 fumeurs qui n'avaient pas l'intention d'arrêter de fumer. Six mois plus tard, 55% des personnes du groupe ont arrêté le tabac, ou ont au moins fait baissé de moitié leur consommation de cigarette. Selon Jean-François Etter, professeur en santé publique à l'université de Genève interrogé par Le Figaro, "il est probable que la cigarette électronique diminue les symptômes du sevrage, comme l'irritabilité, les troubles du sommeil, la prise de poids, l'impatience (..) De plus, elle procure un soulagement rapide".

Les détracteurs de la cigarette électronique estiment que les vapoteurs ne font que remplacer une dépendance par une autre. Joseph Osman, président de l'Office français de lutte contre le tabagisme, explique ainsi pour Le Monde que "l'e-cigarette n'est en aucun cas un outil pour arrêter de fumer. La persistance de la dépendance comportementale reste forte. Le fait de continuer simplement à inhaler de la nicotine est problématique". En outre, il estime que c'est également "un merveilleux outil d'entrée dans le tabagisme". La Food and Drug Administration, qui autorise ou non la mise sur le marché des médicaments aux Etats-Unis, a d'ailleurs épinglé les fournisseurs de cigarettes électroniques en 2009, estimant que les saveurs chocolat ou menthe n'étaient que "du marketing visant les enfants", rapporte USA Today (lien en anglais).

Représente-t-elle un risque pour la santé ?

Le manque de recul et des recherches souvent contradictoires font qu’il est difficile d’évaluer les risques sur la santé. Aux Etats-Unis, en juillet 2009, la Food and Drug Administration (lien en anglais) a lancé un sévère avertissement à l’encontre des cigarettes électroniques, arguant qu'on y trouvait des traces de composés toxiques y compris certains agents cancérigènes. 

En revanche, une étude (en anglais) de 2011 sur le rôle de la cigarette électronique dans la lutte contre le tabagisme, publiée dans le Journal of Public Health Policy, met en évidence que les e-cigarettes contiennent  "peu ou pas de produits chimiques susceptibles de présenter des risques sérieux pour la santé". De même, les concentrations de substances cancérigènes seraient 1 000 fois moins élevées que dans les cigarettes.

Le sujet de préoccupation resterait le propylène glycol. Faute de données quantitatives et qualificatives, on ne connaît toujours pas les conséquences à long terme d'une inhalation du propylène glycol. Même si "aucun effet indésirable ou cas d’intoxication" n'a été rapporté, l’Agence française de sécurité du médicament et des produits de santé a toutefois recommandé en 2011 "de ne pas consommer ce type de produit".