Le virus Zika est "une urgence de santé publique mondiale" pour l'OMS

Réunie en urgence à Genève, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) décrète l'urgence de santé publique de portée mondiale, face à la propagation du virus Zika en Amérique latine. La maladie, transmise par le moustiques-tigre, serait bien à l'origine de milliers de cas de malformations néonatales au Brésil, et pourrait toucher à terme 3 à 4 millions de personnes selon l'OMS.

(Dans le quartier de Carabayllo, à Lima (Pérou), on répand des insecticides pour tuer les moustiques vecteurs de Zika© REUTERS)
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Radio France

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 Il y a" urgence" à agir contre la propagation du virus Zika. C'est le constat de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), réunie en urgence ce lundi à Genève. A l'issue du sommet à huis clos, le propos est clair: Zika constitue bien "une urgence de santé publique de portée mondiale ".

Des malformations chez les nouveau-nés

L'Organisation confirme qu'on peut "fortement suspecte r, même s'il doit encore être confirmé scientifiquement " un lien entre l'augmentation spectaculaire des cas de microcéphalie en Amérique du Sud, et l'épidémie de Zika. La microcéphalie est une malformation congénitale des nouveau-nés, qui viennent au monde avec des cerveaux anormalement petits. Les cas ont particulièrement augmenté ces dernières semaines au Brésil.

La ministre française de la Santé, Marisol Touraine, a d'ailleurs recommandé la semaine dernière aux femmes enceintes de ne pas se rendre dans les zones concernées par l'épidémie (vidéo), dont la Guyane et les Antilles.  

Pas de restriction du tourisme et du commerce dans l'immédiat

L'OMS estimait récemment que si la propagation se poursuit au même rythme "explosif", Zika pourrait toucher trois à quatre millions de personnes dans la région cette année.  Le virus est déjà présent dans 23 pays et territoires d'Amérique Centrale et du Sud. La directrice de l'Organisation, Margaret Chan, déclare ce lundi soir à Genève que "l'absence de vaccin et de tests fiables, ainsi que le manque d'immunité de la population dans les pays nouvellement touchés (...) constituent des causes supplémentaires d'inquiétude". 

Pour autant, l'Organisation Mondiale de la Santé estime que dans l'immédiat, la maladie ne justifie pas que soient imposées des restrictions de voyage ou de commerce.