Le tiers payant généralisé ne sera pas appliqué, comme prévu, le 1er décembre, annonce la ministre de la Santé

Agnès Buzyn l'a affirmé auprès de RTL, du "Figaro" et de LCI.

Agnès Buzyn, le 17 octobre 2017, à Paris. 
Agnès Buzyn, le 17 octobre 2017, à Paris.  (LUDOVIC MARIN / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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La généralisation du tiers payant à l'ensemble des patients, l'une des mesures sociales emblématiques du quinquennat de François Hollande, ne pourra pas être mise en œuvre le 1er décembre en raison d'obstacles "techniques". C'est ce qu'a affirmé, dimanche 22 octobre, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, auprès de RTL, du Figaro et de LCI.

"Techniquement, le tiers payant généralisé n'est pas faisable au 1er décembre", a affirmé la ministre, en s'appuyant sur un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) qu'elle rendra public lundi. "Nous ne savons pas, aujourd'hui, sur la part des complémentaires, faire en sorte que le médecin soit remboursé", a-t-elle argué.

Un droit encore refusé par de nombreux médecins

De nombreux médecins et dentistes refusent encore d'appliquer le droit au tiers payant. En vertu de la loi Santé de 2016, portée par l'ancienne ministre Marisol Touraine, les femmes enceintes et les malades chroniques étaient déjà dispensés depuis le 1er janvier 2017 d'avancer les frais. Certains patients les plus modestes l'étaient également depuis 2015. Soit, au total, 11 millions de patients couverts à 100% par la Sécurité sociale.

Ce dispositif devait être étendu à tous les assurés le 30 novembre en obligeant l'ensemble des professionnels de santé à l'appliquer pour la part remboursée par l'Assurance maladie. Au grand dam des médecins libéraux, même si aucune sanction n'était prévue contre les récalcitrants.

La ministre toujours floue sur la question 

Le gouvernement va-t-il satisfaire les médecins libéraux en supprimant finalement cette obligation ? Agnès Buzyn a encore entretenu le flou, face aux journalistes. "Il n'est pas faisable, donc ça ne sert à rien de parler d'une obligation", a esquivé la ministre, ajoutant que ses services allaient "travailler avec l'ensemble des professionnels pour que le tiers payant soit généralisable".

"C'est l'engagement du président de la République", a insisté la ministre. Pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait, en effet, évoqué un tiers payant "généralisable", donc simplement optionnel, pas généralisé et obligatoire. "Généralisable" veut dire que "toutes les personnes qui en ont besoin puissent y accéder", a ajouté Agnès Buzyn, se défendant de "jouer sur les mots".