Un médecin montre deux implants mammaires de type "Poly Implant Prothèse" (PIP), le 21 décembre 2011 à Paris.
Un médecin montre deux implants mammaires de type "Poly Implant Prothèse" (PIP), le 21 décembre 2011 à Paris. (MICHEL EULER / AP / SIPA)

Le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, a recommandé vendredi 23 décembre "à titre préventif et sans caractère d’urgence" que le retrait des prothèses mammaires PIP soit proposé aux femmes qui les portent, même en l'absence de signes de détérioration de l'implant.

L'avis scientifique rendu jeudi soir au gouvernement montre cependant qu'il n'y a pas "de risque accru de cancer" chez les femmes porteuses de prothèses PIP, précise le ministère de la Santé.

• Pourquoi ces prothèses doivent-elles être retirées ?

Cette décision a été recommandée par la Direction générale de la santé et l'Institut national du cancer, en lien avec le comité de suivi des femmes porteuses de prothèses mammaires PIP, après que des cas de cancer ont été détectés chez plusieurs patientes, huit à ce jourUne information judiciaire a été ouverte fin novembre après le dépôt de quelque 2 000 plaintes.

Quelque 30 000 femmes en France portent ces prothèses dont certaines sont réalisées avec du silicone à usage non-médical, qui accroît les risques de fuite et de rupture, provoquant des réactions inflammatoires.

• Les patientes concernées doivent-elles être opérées d'urgence ?

"Il ne faut pas inquiéter et laisser penser aux femmes qu’il faut (...) enlever [les implants] en urgence, dans les vingt-quatre heures. Il y a tout un accompagnement à mettre en place", expliquait en début de semaine dans Libération Jean-Yves Grall, directeur général de la santé. Vendredi, le ministre de la Santé a confirmé, sur la recommandation des experts, que le retrait des implants n'avait pas de caractère urgent.

"L'urgence, c'est que toutes les femmes qui ont des prothèses PIP retournent voir leur chirurgien", avait déjà prévenu mardi la porte-parole du gouvernement, Valérie Pécresse.

• Qui va prendre en charge le coût des opérations ?

La Direction générale de la santé assure que "toutes les femmes porteuses d’implants PIP seront remboursées de leurs frais médicaux et chirurgicaux liés à l’explantation". 

En revanche, la pose d'une nouvelle prothèse ne sera pas forcément prise en charge. Si les opérations relevant d'une chirurgie réparatrice (après un cancer du sein) seront remboursées, celles relevant de la chirurgie esthétique ne le seront pas. 

"Ce n’est pas la collectivité, en ces temps de crise, qui doit prendre en charge le prix d’une nouvelle prothèse, posée pour des raisons esthétiques", commentait mardi le PLaurent Lantieri, chirurgien à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil (Val-de-Marne). Une position qui avait fait bondir la présidente de l’Association de défense des porteuses de prothèses PIP, Alexandra Blachère : "Attendez, c'est quand même de la responsabilité de l'Etat d'avoir laissé un produit pourri sur le marché. En quoi serait-on, nous, responsables ?"