Jean-Claude Mas, président-fondateur de l'entreprise d'implants mammaires PIP, lors d'une visite dans des locaux de la société à La Seyne-sur-Mer (Var) en octobre 2009.
Jean-Claude Mas, président-fondateur de l'entreprise d'implants mammaires PIP, lors d'une visite dans des locaux de la société à La Seyne-sur-Mer (Var) en octobre 2009. (MAXPPP)

C'est un entretien choc qui vient d'être révélé. Jean-Claude Mas, fondateur de la société d'impants mammaires Poly Implant Prothèse (PIP) au cœur d'un scandale sanitaire, a assumé avoir produit un gel de silicone non homologué, issu d'une formule de sa production et dissimulé à l'organisme certificateur. Cette déclaration a été faite au mois d'octobre aux gendarmes marseillais, selon un PV de garde à vue rendu public par l'AFP jeudi 5 janvier.

"Je savais que ce gel n'était pas homologué, mais je l'ai sciemment fait car le gel PIP était moins cher, et rapport qualité-prix c'était moins cher et de bien meilleure qualité", a-t-il expliqué aux enquêteurs, sans regret apparent. Quand ces derniers lui ont fait remarquer que ces produits n'étaient pas conformes à la norme, il a répondu simplement : "Je l'ai toujours su"

"Faire disparaître les documents"

Le fondateur de PIP explique que "dès 1993", soit deux ans seulement après la création de la société, il a "donné l'ordre de dissimuler la vérité" à l'organisme certificateur allemand TÜV, des années avant la mise sur le marché des implants aujourd'hui incriminés.

"C'était de la routine, j'ai donné l'ordre de dissimuler tous documents ayant trait au gel PIP non homologué, et concernant les containers, les employés se débrouillaient pour les faire disparaître." PIP a par exemple avisé TÜV des modifications d'emballage. Mais pas de celles concernant le gel, "car il n'est pas concerné, vu qu'il n'a pas une existence légale"

Les victimes "font ça que pour le fric"

Mais de quoi est exactement composé ce gel PIP ? "Une base de formulation du Dr Arion (chirurgien varois que Jean-Claude Mas rencontre dans les années 1980), que j'ai améliorée en changeant les températures, les pourcentages (de produits introduits), afin de rendre le produit plus cohésif." Une formule non brevetée, "car ça ne sert à rien".

Malgré ces déclarations compromettantes, Jean-Claude Mas balaie d'un revers de la main la polémique dont il est l'objet. Pour lui, ses prothèses ne présentent "aucun risque pour la santé". Quant aux victimes, "il s'agit de personnes fragiles ou de personnes qui font ça que pour le fric".