La cigarette est encore plus dangereuse que ce que l'on pensait

Selon une étude menée sur un million de personnes pendant dix ans, le tabac provoque bien plus de maladies que celles déjà identifiées. 

Jusqu'à présent, la cigarette est jugée potentiellement responsable de 21 maladies, dont douze types de cancer.
Jusqu'à présent, la cigarette est jugée potentiellement responsable de 21 maladies, dont douze types de cancer. (LODI FRANCK / SIPA)

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Alors que l'innocuité de la cigarette électronique fait toujours débat, une nouvelle étude sur la cigarette classique vient de paraître. Et ses conclusions, publiées dans le New England Journal of Medicine (en anglais) et relayées par le New York Times (en anglais), mercredi 11 février, sont inquiétantes : selon ses auteurs, le tabac est encore plus dangereux que ce que l'on pensait. Fumer pourrait provoquer cinq maladies de plus que celles déjà répertoriées. 

Cette recherche a été réalisée à partir des données de cinq études américaines, conduites entre 2000 et 2011 auprès d'un million de personnes (421 378 hommes et 532 651 femmes) âgées de 55 ans ou plus. Ont été traqués le nombre de décès, de maladies et de fluctuations de leur état de santé. 

Le tabagisme jouerait un rôle dans les maladies rénales 

Résultat : autour de 17% de la morbidité excessive chez les fumeurs réguliers sont liés à des pathologies qui ne sont d'ordinaire pas attribuées au tabac. Jusqu'à présent, la cigarette, responsable de près d'un demi-million de morts par an aux Etats-Unis, avait été jugée potentiellement responsable de 21 maladies (bronchites chroniques, maladies cardiovasculaires...), dont douze types de cancer (cancer du poumon).

L'étude a découvert qu'au moins cinq nouvelles maladies pouvaient lui être attribuées ou être empirées par le tabagisme. A savoir, résume Gawker (en anglais) : une augmentation significative des risques d'infection, de maladie rénale, de maladie intestinale causée par un flux sanguin insuffisant, et d'affections cardiaques et pulmonaires qui n'étaient pas jusque-là liées au tabac.

Comme le relève Time (en anglais), les chercheurs n'ont pas pu mener leur étude selon une méthodologie classique car il n'est pas éthique de demander à des gens de fumer pour une recherche médicale. Leurs conclusions se limitent donc à des observations et ne prouvent pas un lien de cause à effet, mais seulement une corrélation. Les scientifiques qui ont participé à cette étude défendent toutefois leurs travaux. Et ils soulignent que la consommation de cigarettes tend à aggraver ou exacerber des maladies.