Grands prématurés : l’Europe peut mieux faire

Les soins médicaux qui permettent de mettre toutes les chances du côté des enfants grands prématurés à leur naissance sont bien identifiés. Une étude à l’échelle européenne révèle qu’ils sont loin d’être toujours réalisés.

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Les enfants nés beaucoup trop tôt, particulièrement fragiles, ont besoin d’une prise en charge spécifique. Les soins qui améliorent leur survie et leur état de santé à long terme sont bien identifiés et ont fait la preuve de leur efficacité : c’est ce qu’on appelle l’EBM, pour Evidence Based Medicine, médecine basée sur les preuves, en français. Pourtant, malgré ces connaissances, ils ne sont pas systématiquement administrés aux bébés grands prématurés. On considère qu'un enfant est grand prématuré lorsqu'il naît avant 28 semaines d'aménorrhée (absence de règles), qu'il est grand prématuré entre 29 et 32 semaines (7 mois), et prématuré tardif entre 33 et 37 SA.

C’est une étude  européenne du projet EPICE, dont les résultats sont publiés dans The British Medical Journal, qui vient de mettre en lumière ces défauts de prise en charge. Elle dénonce une sous-utilisation de quatre pratiques efficaces pour améliorer la survie et la santé de ces grands prématurés et estime son impact sur la mortalité et la morbidité.

Ces quatre gestes sont les suivants :

- le transfert des femmes enceintes dans des centres spécialisés adaptés pour accueillir des grands prématurés,

- l’administration prénatale de corticostéroides (pour la maturation des poumons),

- la prévention de l’hypothermie,

- l’administration de surfactant (substance essentielle à la fonction respiratoire qui tapisse les alvéoles pulmonaires) dans les 2 heures suivant la naissance, ou la ventilation nasale en pression positive, pour les enfants nés avant 28 semaines de grossesse.

Près d'un prématuré sur deux ne bénéficie pas d'une prise en charge optimale

Les résultats sont inquiétants. Alors que l’utilisation de chaque pratique prise individuellement est élevée (entre 75 et 89%), seulement 58,3 % des grands prématurés ont reçu la totalité des quatre pratiques recommandées.

Les enfants ont pourtant tout à y gagner. L’étude a simulé deux modèles pour mesurer l’impact de ce défaut de prise en charge. Si chaque enfant avait reçu l’ensemble des quatre pratiques recommandées, la mortalité aurait été réduite de 18%. Ces résultats démontrent l’importance d’une prise en charge médicale fondée sur les preuves, pour une amélioration de la santé des grands prématurés.