Épilation définitive : nouvelle victoire des médecins face aux esthéticiens

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné des enseignes de soins esthétiques à des amendes allant de 3.000 à 50.000 euros pour "exercice illégal de la médecine" ou complicité. En cause, l'épilation à la lumière pulsée, pratiquée dans quelque 30.000 instituts en France.

(Le tribunal s'appuie sur un arrêté de 1962, qui considère tout mode d'épilation comme un acte médical, sauf l'épilation à la pince ou à la cire © MaxPPP)
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franceinfoRadio France

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L'épilation définitive doit rester l'affaire des médecins, c'est le tribunal correctionnel de Paris qui a tranché. Il s'appuie sur un arrêté de 1962, qui considère tout mode d'épilation comme un acte médical, sauf l'épilation à la pince ou à la cire. Plusieurs syndicats de professionnels de la santé avaient attaqué en janvier des enseignes et franchises d'eshétique, estimant que l'épilation à la lumière pulsée, une épilation de longue durée, censée freiner la repousse du poil à moyen, voire long terme, relevait de la médecine et non du seul soin esthétique. De leur côté, les enseignes de soins esthétiques ont décidé de faire appel de la décision du tribunal correctionnel de Paris. 

Des amendes de 3.000 à 50.000 euros

Plusieurs instituts d'esthétique ont été condamnés à des amendes allant de 3.000 à 50.000 euros. La société International Esthétique, qui détient une enseigne comptant plus de 150 établissements, écope de la plus lourde amende, 50.000 euros, montant jugé "exorbitant" et "incompréhensible" par plusieurs avocats de la défense. D'autres plus petits instituts, comme Alesia Minceur, ACMTH ou Depil Tech, ont été condamnés à des amendes de 3.000 à 8.000 euros pour des activités pratiquées durant l'année 2014.

Certaines enseignes, comme Depil Tech, ont été aussi jugées "complices" de l'exercice illégal de la médecine pour avoir "fourni les moyens" de cette pratique, avec du matériel. A l'audience, Me Alexandre Varaut, représentant de syndicats de médecins et de la SARL Docteur Debray, s'était demandé ce qu'on ferait "lorsqu'on aura un oeil ou un sexe brûlé".

 

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Selon Jean-Luc Rigon, secrétaire général du syndicat national des dermatologues, le problème est enfin posé. "Il s'agit d'un problème scientifique, qui n'est pas un problème d'argent. La cible du laser lorsqu'on détruit des poils, c'est la mélanine, c'est exactement la même chose que lorsqu'on détruit un grain de beauté, explique-t-il.

"C'est un acte médical qui demande, pour les dermatologues, quatorze ans d'études"
— Jean-Luc Rigon, secrétaire général du syndicat national des dermatologues

Selon Jean-Luc Rigon, les esthéticiennes "s'arrogent le droit, en regardant la peau de la personne qu'elles vont épiler, de dire si c'est dangereux ou pas. Aucun diagnostique n'est fait. Les esthéticiennes contournent-elles les grains de beauté ? C'est un acte médical qui demande, pour les dermatologues, quatorze ans d'études".

"C'est un acte médical qui demande, pour les dermatologues, quatorze ans d'études" Jean-Luc Rigon, secrétaire général du syndicat des dermatologues
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Ces dernières années, la justice a été saisie à plusieurs reprises de procédures dans le domaine de l'épilation définitive. Elle a ainsi rendu plusieurs décisions en faveur des médecins.