EN IMAGES. Quels poissons et quels fruits de mer peut-on encore manger l'esprit tranquille ?

Francetv info vous explique quelles espèces vous pouvez consommer, sans vous inquiéter, selon vos préoccupations pour votre santé et pour l'environnement.

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Pourra-t-on encore manger du poisson dans 30 ans ? Les stocks fondent plus vite que prévu et les quantités de poissons pêchés partout dans le monde sont largement sous-estimées, selon une étude publiée dans la revue scientifique Nature, mardi 19 janvier. En 40 ans, les populations d'animaux marins ont chuté de moitié, selon l'association WWF. Pour préserver les espèces qui vivent à l'état naturel, certains industriels misent donc sur l'élevage. Mais dans quelles conditions ces poissons qui arrivent dans votre assiette ont-ils été nourris et soignés ? Francetv info vous explique quelles espèces vous pouvez manger, sans vous inquiéter, selon vos préoccupations pour votre santé et pour l'environnement.

Six espèces gravement menacées par la surpêche

Vous adorez la dorade ? Aïe. A moins d'être allé vous-même pêcher à la ligne un beau poisson pour le déjeuner de dimanche, il vaut mieux vous abstenir, car presque toutes ses variétés sont menacées par la surpêche. Parmi les 26 espèces de poissons les plus consommées en France, listées par FranceAgriMer, beaucoup sont dans le même cas. A en croire les recommandations des ONG Greenpeace et WWF (PDF), il ne devrait rester que neuf poissons et fruits de mer sur les étals, comme le montre l'image ci-dessous.

Il ne s'agit pas de s'interdire de consommer tous ces poissons, mais de les manger avec modération et en s'assurant de leur provenance, en interrogeant les poissonniers et grâce aux différents labels reconnus par le ministère de l'Agriculture. Sachez tout de même que l'espadon, le thon rouge ou encore la raie sont véritablement menacés d'extinction. La Fondation Slowfood détaille leur situation, espèce par espèce.

Neuf espèces peuvent contenir du mercure

Si les questions d'environnement ne vous intéressent pas, c'est aussi à votre santé qu'il faut penser. Parmi les poissons que vous pouvez acheter frais, en supermarché ou chez un poissonnier, certains peuvent être contaminés au méthylmercure, toxique pour le système nerveux central, particulièrement celui des fœtus. L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) estime que, en France, "la consommation de poissons ne présente pas de risque pour la santé au regard du risque lié au méthylmercure". Toutefois, elle conseille aux femmes enceintes de ne pas manger d'espadon et d'éviter également le thon, espèces les plus contaminées. 

A surveiller également, les alertes locales concernant la présence de polychlorobiphényles, dans les fleuves et rivières de France. Ces rejets industriels toxiques peuvent également avoir des effets neurologiques sur les jeunes enfants et des effets sur la thyroïde chez les adultes. Le poisson d'élevage, comme le saumon de l'Atlantique, le préféré des Français, n'est pas épargné, comme l'avait démontré l'enquête de francetv info, en 2013.

D'autant plus qu'en raison des conditions d'élevage des animaux (stress, surpopulation dans les bassins...), les éleveurs doivent chasser les maladies à coups d'antibiotiques. L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture recense les espèces connues et détaille les antibiotiques trouvés dans les poissons d'élevage (comme le saumon de l'Atlantique, encore lui), mais ne propose pas de recommandation particulière.

Seulement sept espèces consommables sereinement ? 

En forçant le trait, il ne reste que sept poissons et fruits de mer dont la consommation ne menace ni votre santé, ni la biodiversité. Les truites, abondantes en France, sont généralement élevées dans de bonnes conditions – vous pouvez d'ailleurs les pêcher vous-mêmes. La consommation de poissons de mer, comme le merlu et le lieu, ou encore les petits maquereaux et sardines, frais de préférence, ne présente a priori aucun problème, tout comme le saumon du Pacifique, dont les stocks sont mieux gérés. Enfin, les moules et pétoncles sont toujours "de très bon choix écologiques", selon Greenpeace, en plus d'être riches en protéines et pauvres en graisse et sucre.