Défauts sur la cuve de l’EPR de Flamanville : "EDF et Areva n’ont pas été transparents", dénonce Greenpeace

Greenpeace estime que EDF et Areva n'ont pas assez communiqué sur les défauts de la cuve de l’EPR de Flamanville. "L’origine des anomalies et l’historique de la conception" n'ont pas été rendus publics, dénonce notamment l'association.

La centrale nucléaire de Flamanville (Manche), photographiée le 30 août 2016.
La centrale nucléaire de Flamanville (Manche), photographiée le 30 août 2016. (MARC OLLIVIER / MAXPPP)
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franceinfoRadio France

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"EDF et Areva n’ont pas été transparents sur les anomalies de la cuve de l’EPR de Flamanville", affirme Greenpeace dans un communiqué publié jeudi 22 juin. L'ONG se base sur un rapport auquel elle a eu accès et qui doit être publié jeudi par le Haut comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire (HCTISN) sur les anomalies de la cuve de l’EPR de Flamanville (Manche). Le HCTISN est un comité d'experts sur la sûreté nucléaire. Il avait décidé en juin 2015 de se saisir de l’affaire des anomalies sur la cuve de l’EPR de Flamanville.

"Une pression intolérable sur l’Agence de sûreté nucléaire"

Selon Greenpeace, le rapport dit notamment que EDF et Areva "n’ont pas expliqué au public l’origine des anomalies et l’historique de la conception et de la fabrication de la cuve du réacteur EPR." Par ailleurs, le rapport relève, toujours selon Greenpeace, "le fait qu’aucun scénario technique alternatif n’ait été rendu public, en cas de refus de la cuve et de son couvercle par l’Agence de sûreté nucléaire (ASN)".

"Depuis le début de l’affaire, EDF et Areva mettent l’ASN devant le fait accompli : ils refusent de communiquer un plan B pour la contraindre à accepter que l’EPR démarre avec des pièces vérolées ", explique Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire pour Greenpeace France.

"Le rejet de la cuve par l’ASN enclencherait un 'effet domino' en remettant en cause la faisabilité de l’ensemble des projets EPR vendus par EDF et AREVA au Royaume-Uni, en Chine et en Finlande, estime Yannick Rousselet. Les industriels mettent une pression intolérable sur l’ASN, en faisant reposer l’avenir de la filière nucléaire sur ses épaules."

La crainte d'un "accident nucléaire majeur"

L'ONG met en garde contre le risque encouru "si l’ASN valide la cuve". "Ce sont les intérêts financiers qui primeraient sur les principes fondamentaux de sûreté nucléaire, explique Greenpeace. Avec les anomalies détectées sur la cuve et son réacteur, rien ne permet d’assurer que celle-ci ne peut rompre et créer ainsi un accident nucléaire majeur."

"Il est encore temps pour l’ASN de se montrer intransigeante sur la sûreté nucléaire, de résister aux pressions subies par EDF et Areva et donc de refuser de valider la cuve et le couvercle de l’EPR de Flamanville", conclut Yannick Rousselet.

L'ASN réunira le Groupe permanent d'experts pour les équipements sous pression nucléaires les 26 et 27 juin prochains, dans le cadre de l'instruction sur l'anomalie du réacteur de l'EPR de Flamanville.