Allergies : l'exposition précoce aux cacahuètes protège, même si elle est transitoire

EN BREF - L'exposition précoce à des substances potentiellement allergisantes permet de limiter le risque de développer, ultérieurement, une allergie. Une étude présentée en 2015 confirmait ce mécanisme pour les cacahuètes introduites en petites quantités au début de la diversification alimentaire du nourrisson. Des données complémentaires révèlent que la protection persiste, même si l'enfant cesse de consommer cet aliment une année durant.

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Début 2015, l'essai "LEAP" (ou Learning Early About Peanut Allergy), qui avait montré que le fait de consommer régulièrement des cacahuètes "dès quatre mois, et jusqu'à cinq ans" réduisait d'environ 80% le taux d'allergie chez des enfants à risque (voir encadré).

LEAP n'avait toutefois pas permis de déterminer si les participants restaient protégés durablement contre des allergies aux cacahuètes lorsqu’ils cessaient d'en consommer. Pour répondre à cette question, les mêmes chercheurs ont demandé aux parents des participants d'interrompre l'apport en cacahuètes durant une année.

Selon les données de cet essai complémentaire, à la fin de cette période, seulement 4,8% des enfants qui consommaient initialement des cacahuètes y étaient devenus allergiques comparativement à 18,6% parmi ceux qui avaient évité d'en manger auparavant.

"Les résultats de [cet essai] dépassent nos attentes et prouvent que le fait de commencer à consommer des cacahuètes très tôt dans l'enfance permet une protection durable contre le développement d'allergies chez les enfants à risque", se félicite le Dr. Gideon Lack du Kings College à Londres, co-auteur de ces travaux, publiés le 4 mars dans le New England Journal of Medicine. Il précise que "cet effet protecteur a persisté pendant un an, à la fois chez les enfants ayant totalement évité de manger des cacahuètes et chez ceux qui avaient continué à en consommer de temps à autres".

Source : Effect of Avoidance on Peanut Allergy after Early Peanut Consumption G. Du Toit et al. NEJM, 4 mars 2016. doi:10.1056/NEJMoa1514209