On sait pourquoi le vrai King Kong est mort il y a un million d'années

Le gigantopithèque, sans doute le plus grand singe de l'histoire de la planète, a disparu par manque de nourriture, révèle une étude.

Le "King Kong" imaginé par le cinéaste Peter Jackson en 2005.
Le "King Kong" imaginé par le cinéaste Peter Jackson en 2005. (UNIVERSAL PICTURES / ARCHIVES DU 7EME ART / AFP)

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Les scientifiques ne l'appellent pas King Kong. Mais c'est pourtant bien lui. Le gigantopithèque, un primate qui mesurait deux à trois mètres de haut pour 200 à 500 kilos, a disparu de la surface de la Terre il y a un million d'années. Et on sait désormais pourquoi, grâce à une équipe de chercheurs qui dévoile ses résultats dans la revue Quaternary International.

"Certains le présentent comme un orang-outan surdimensionné (…). Mais d'autres le dépeignent comme un gorille de couleur noire", explique Hervé Bocherens, chercheur de l'Institut Senckenberg de Francfort (Allemagne) et coauteur de l'étude.

Un dessin de la taille présumée du gigantopithèque, comparée à celle d'un homme, publiée le 4 janvier 2016 par l'Institut Senckenberg.
Un dessin de la taille présumée du gigantopithèque, comparée à celle d'un homme, publiée le 4 janvier 2016 par l'Institut Senckenberg. (H. BOCHERENS / SENCKENBERG RESEARCH INSTITUTE / AFP)

Un géant végétarien

Les chercheurs ont étudié les restes de ce géant, qui se limitent à quatre mâchoires inférieures et "des centaines, voire des milliers de dents isolées", ajoute le scientifique. Les premières dents ont été trouvées dans les années 1930 parmi des "dents de dragon", vendues comme remède chez des apothicaires chinois.

L'équipe internationale a étudié l'émail des dents de ces géants. Les "résultats indiquent que ces grands primates vivaient uniquement dans les forêts, y tirant leur nourriture". Et qu'ils étaient végétariens.

Victime des changements environnementaux

Pour les chercheurs, la taille du gigantopithèque et le fait qu'il se cantonnait à un seul type d'habitat ont entraîné son extinction. "En raison de sa taille, le gigantopithèque avait sûrement besoin d'une grande quantité de nourriture", estime Hervé Bocherens. Or, au Pléistocène – de 2,58 millions d'années à 9 600 ans avant notre ère –, beaucoup de zones boisées se sont transformées en savanes herbeuses, "fournissant une alimentation insuffisante pour le singe géant", souligne-t-il.

Pourtant, des proches de ce grand singe, comme l'orang-outan, sont toujours là, alors qu'ils ne vivent, eux aussi, que dans les forêts. Mais ils possèdent un métabolisme lent et sont capables de survivre avec peu de nourriture.