De plus en plus de Français renoncent à se soigner à cause de la crise

Les personnes ayant renoncé à des soins en raison de difficultés financières en 2013 sont 33%, en nette hausse par rapport à 2012, selon le Baromètre de l'institut CSA.

Une dentiste s\'occupe d\'une patiente à Bailleul (Nord), le 6 septembre 2013.
Une dentiste s'occupe d'une patiente à Bailleul (Nord), le 6 septembre 2013. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)
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Les Français qui renoncent à se faire soigner pour des raisons économiques se révèlent toujours plus nombreux, selon le 7e Baromètre de la santé en Europe réalisé par l'institut CSA pour Europ Assistance et relayé par Le Parisien mardi 15 octobre. Ils sont 33% à avoir fait une croix sur des soins en 2013, contre 27% en 2012.

L'augmentation est encore plus marquée sur la longue durée puisqu'ils étaient seulement 11% en 2009 à délaisser leur santé en raison de difficultés financières. "Notre étude confirme qu'en 2013 la crise s'est installée dans les pays européens (...)", analyse pour Le Parisien Martin Vial, directeur général d'Europ Assistance. Francetv info détaille les enseignements de cette analyse.

Les Français reportent les soins dentaires

Avec la contraction de leur budget, les Français font des choix dans leurs dépenses de santé. Pour 25% des personnes interrogées, les sacrifices portent sur les soins dentaires. Pour 17%, il s'agit des soins d'optique (17%) et pour 12% les soins dits courants, comme la consultation d'un généraliste. Les soins lourds (opérations chirurgicales, examens ou traitement coûteux) représentent 7% de ces renoncements, le même chiffre que pour l'achat de médicaments. Ces choix économiques peuvent avoir des conséquences. La majorité des dentistes l'affirment : plus une personne attend pour se faire soigner, plus les soins risquent d'être lourds.

Les femmes plus touchées que les hommes

Selon le Baromètre, 41% des Françaises se sont passé de certains soins en 2013, contre 23% des hommes. La proportion est également plus importante chez les actifs (36%) que chez les inactifs (27%), et la tranche d'âge la plus concernée par ces renoncements se situe entre 18 et 39 ans.

La France, plus concernée que ses voisins européens

La progression en France est la plus forte dans l'Union européenne, avec 6 points en une année. Avec 33% des personnes interrogées qui disent avoir fait une croix sur des soins en 2013, la France est bien au-dessus de la moyenne européenne, qui se situe à 18%. A titre de comparaison, la proportion a baissé entre 2012 et 2013 en Allemagne (de 30% à 24%), en Italie (de 27% à 20%) ou encore au Royaume-Uni (de 9% à 4%).

Les Français ne veulent pas d'augmentation d'impôts

Pour couvrir les dépenses de santé du futur, 40% des Français considèrent que l'augmentation de la franchise médicale par acte de soins reste la meilleure solution de financement. En revanche, ils ne sont plus que 32% à réclamer une augmentation des impôts. Un vrai changement puisque "c'est 10 points de moins qu'en 2011", explique Martin Vial au Parisien. Ils restent 28% à préférer se tourner vers des solutions du secteur privé, en acceptant de payer plus cher leur complémentaire santé.