Consultation médicale par téléphone : l'offre d'Axa qui inquiète l'Ordre des médecins

Une trentaine de médecins, salarié de la mutuelle santé, pourront établir un diagnostic et télétransmettre une ordonnance au pharmacien.

Une trentaine de médecins salariés d\'Axa seront disponibles 24 heures sur 24 et sept jours sur sept.
Une trentaine de médecins salariés d'Axa seront disponibles 24 heures sur 24 et sept jours sur sept. (REZA ESTAKHRIAN / GETTY IMAGES)
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Un médecin disponible par téléphone sept jours sur sept et 24 heures sur 24. C'est le service que va proposer la mutuelle santé Axa à ses clients à partir de juin, rapporte jeudi 14 mai Le Figaro. Une trentaine de médecins, salariés d'Axa, vont se relayer au bout du fil. Ils pourront établir un diagnostic et télétransmettre une ordonnance au pharmacien, mais ne pourront pas accorder d'arrêt de travail, de certificat médical, ou renouveler une ordonnance. Les consultations spécialisées (psychologie, etc.), ni celles nécessitant un examen clinique ne sont pas couvertes par ce service.

"La téléconsultation ne se substitue ni au médecin traitant, ni aux urgences, elle est complémentaire. Ce service répond à un besoin. Il n'est pas toujours possible de joindre son médecin traitant, la nuit, par exemple, ou lors de déplacements professionnels", explique Didier Weckner, directeur général délégué d'Axa France en charge des assurances collectives et de la santé.

L'Ordre des médecins inquiet

Mais ces arguments ne sont pas du goût de l'Ordre des médecins, qui redoute la création d'un circuit de santé concurrent au parcours de soins.

"Dès lors que l'assureur ne pourra pas contrôler l'indisponibilité physique ou téléphonique du médecin traitant et qu'en tout état de cause, le médecin traitant n'est pas nécessairement disponible quand le patient aimerait qu'il le soit, n'est-on pas en train de créer en marge du médecin traitant et du parcours de soins, financé par l'assurance-maladie obligatoire, un système qui va le doublonner et sera pris en charge uniquement par l'assurance-maladie complémentaire ?", s'interroge l'organisation dans un communiqué.

"Ce service pose une question politique sur l'organisation du système de soins. Nous avons interpellé le ministère de la Santé sur ce problème et nous attendons ses réponses", souligne le Dr Jacques Lucas, vice-président de l'Ordre des médecins, cité par Le Figaro.