Polynésie : François Hollande face aux victimes des essais nucléaires

En visite en Polynésie, le président de la République française doit s'exprimer sur l'indemnisation des victimes des 193 essais nucléaires menés entre 1966 et 1996 sur les atolls de Mururoa et Fangataufa.

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Ce 22 février 2016, François Hollande se rendra en Polynésie française. L'"enjeu principal" de la visite : l'indemnisation des victimes des 193 essais nucléaires que la France a conduits de 1966 à 1996 sur les atolls de Mururoa et Fangataufa. "Où ma parole sera la plus attendue, ce sera sur les réparations, les indemnisations liées aux essais nucléaires", a confirmé M. Hollande.

En 2011, une étude réalisée par l'Inserm avait conclut que le risque de cancer de la thyroïde apparaissait légèrement augmenté dans l’archipel, en lien avec la dose d'irradiation reçue suite aux essais nucléaires. Cette accroissement du risque étant limité, il est difficile pour les Polynésiens de démontrer le lien de cause à effet aux autorités, et donc d’accéder à une indemnisation.

Depuis janvier 2010, la loi Morin indemnise certains malades, anciens travailleurs de Mururoa. En théorie, il suffisait aux victimes de répondre à trois critères : avoir séjourné dans une zone contaminée, durant une période d'essais nucléaires, et avoir développé un cancer potentiellement lié à l’exposition aux radiations. Le 29 novembre 2013, l’Assemblée nationale avait voité l'extension de la possibilité d'indemnisation des victimes d'essais nucléaires à toute la Polynésie française.

En pratique, seuls une vingtaine de dossiers (sur un millier déposés) ont fait l'objet d'une indemnisation, relève l'Elysée. François Hollande devrait ainsi apporter une "réponse politique" aux Polynésiens qui considèrent que ces essais sont la cause de nombreux cancers dans l'archipel.

A noter que, pour les anciens militaires impliqués dans les essais, une demande d'indemnisation auprès de l'Etat français, a été rejetée en 2015.

"Le problème, ce sont en fait les cancers radio-induits", nous expliquait alors le Pr Jean-Marc Cosset, radiothérapeute et ancien membre du Comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires. "Ces cancers peuvent être très divers et ils ne sont quasiment pas possibles à différencier des cancers ordinaires. Et comme le cancer est fréquent dans la population générale, pouvoir déterminer si les cancers présentés par ces personnes sont liés à l'irradiation ou pas, peut être très compliqué."