Les hommes retardant l'âge de leur reproduction favoriseraient l'allongement de la vie de leurs enfants et leur permettraient de se reproduire plus tardivement, selon une étude américaine.
Les hommes retardant l'âge de leur reproduction favoriseraient l'allongement de la vie de leurs enfants et leur permettraient de se reproduire plus tardivement, selon une étude américaine. (ODILON DIMIER / ALTOPRESS / PHOTOALTO / AFP)

Ramajit Raghav aurait-il tout compris ? Ce paysan indien de 94 ans serait devenu en décembre 2010 le plus vieux papa du monde, comme le rapporte le quotidien britannique The Sun (lien en anglais). Or, avoir été conçu par un père plus âgé pourrait accroître la longévité de l'enfant. C'est en tout cas ce que révèle une étude (lien en anglais) publiée dans la dernière édition des Annales de l'Académie des sciences américaine (PNAS), lundi 11 juin.

Les télomères renferment le secret de la longévité

Les chercheurs de l'université de Harvard à Cambridge (Etats-Unis) sont parvenus à cette conclusion en mesurant les télomères, ces "capuchons" situés à l'extrémité des chromosomes pour les protéger. Les scientifiques ont étudié les échantillons de sang de 1 779 jeunes adultes et de leurs mères aux Philippines. Ils ont également déterminé l'âge de leurs pères et grands-pères.

Des études ont déjà montré une relation entre la longueur des télomères et la longévité. Les personnes dont les télomères sont plus grands jouissent généralement d'une meilleure santé et vivent plus longtemps, comme l'explique le site Techno-Science.

L'âge du grand-père compte aussi

Les auteurs de l'étude ont découvert que les hommes retardant l'âge de leur reproduction transmettaient des télomères plus longs à leurs enfants, ce qui pourrait favoriser l'allongement de leur vie et leur permettre de se reproduire également plus tardivement.

Les scientifiques ont aussi repéré que la taille des télomères des participants augmentait non seulement avec l'âge de leur père à leur naissance, mais également en fonction de l'âge de leur grand-père quand leur père a vu le jour.

Peut-être moins de maladies en vieillissant

Les chercheurs soulignent toutefois que leurs conclusions ne doivent pas être considérées comme une recommandation à se reproduire plus vieux. Avoir un père âgé favorise aussi en effet la transmission à l'enfant de mutations génétiques responsables de maladies congénitales.

Les scientifiques veulent maintenant savoir si des enfants et petits-enfants qui ont hérité de télomères plus longs de leurs pères et grands-pères plus âgés ont moins de problèmes de santé et de maladies en vieillissant. Ils font l'hypothèse que ce sera le cas.