La tribune d'une internaute après son "calvaire" aux urgences de Brest partagée 18 000 fois sur Facebook

Vanessa Douguet raconte avoir passé dix heures à attendre la prise en charge de sa tante atteinte d'un cancer. Fin février, un homme est mort dans un couloir de ce même service.

L'entrée des urgences du CHU de la Cavale Blanche, à Brest (Finistère), le 26 février 2016.
L'entrée des urgences du CHU de la Cavale Blanche, à Brest (Finistère), le 26 février 2016. (MAXPPP)
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Son cri de colère a fait mouche : la lettre d'une internaute dénonçant les conditions d'accueil aux urgences du CHU de la Cavale Blanche, à Brest (Finistère), a été partagée près de 18 000 fois sur Facebook, mercredi 2 mars, cinq jours après sa publication. Dans ce texte, Vanessa Douguet raconte avoir avoir accompagné le 16 février sa tante, atteinte d'un cancer, dans cet hôpital où elle a dû patienter dix heures avant sa prise en charge.

"C’est avec une immense tristesse mais sans aucune surprise que je viens d’apprendre le décès d’un patient dans le couloir [le 24 février] sur un brancard", écrit-elle, avant d'évoquer sa propre expérience. Sa tante, prise de vomissements, passe d'abord deux heures à attendre sur un brancard. "Rien n’a été proposé pour tenter de la soulager", affirme Vanessa Douguet. Sa tante attend finalement huit heures pour faire une prise de sang et une radio, avant d'être admise dans une chambre. Un délai pendant lequel son état "a largement eu le temps de se dégrader", selon sa nièce. Laquelle dit avoir pensé à porter plainte pour "non assistance à personne en danger".

La direction reconnaît "un temps d'attente trop long"

Dans son courrier, Vanessa Douguet s'indigne encore face à des scènes "inadmissibles" : "Des personnes âgées qui appellent à l’aide car la douleur est à la limite du supportable, d’autres qui vomissent du sang à même le sol sans qu’on leur prête la moindre attention." L'auteure de la lettre assure d'ailleurs ne pas en vouloir au personnel du CHU et critique "le manque de personnel évident". "Pourquoi accepter d’ouvrir un service des urgences à 17 millions d’euros et ne pas y mettre le personnel ô combien indispensable ?" interroge-t-elle.

Mardi, Vanessa Douguet a remercié les internautes. Elle explique essayer "de faire réagir le ministère et l'administration de l'hôpital, en tout cas avec mes modestes moyens". Dans les commentaires de la publication, certains internautes lui ont raconté leurs propres anecdotes, répérées par France 3 BretagneSa lettre a été envoyée à la direction de l'hôpital, qui a répondu dans Le Télégramme : "On ne peut pas laisser écrire que le service public laisse des personnes âgées dans la souffrance sans les aider""Le temps d'attente est encore trop long", reconnaît-elle, mais affirme que "le taux de satisfaction aux urgences est de 72 %".