Amiante : "La justice ne se débarrassera pas de l'affaire sans un procès en bonne et due forme", promet Éric Dupond-Moretti

Les avocats Éric Dupond-Moretti et Antoine Vey ont annoncé mercredi que les victimes de l'amiante continueront à se battre, quelle que soit la décision de la cour d'appel de Paris vendredi prochain.

Manifestation de l\'Association nationale de défense des victimes de l\'amiante, le 7 octobre 2016, à Paris.
Manifestation de l'Association nationale de défense des victimes de l'amiante, le 7 octobre 2016, à Paris. (JACQUES DEMARTHON / AFP)
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franceinfoRadio France

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Éric Dupond-Moretti, un des avocats de l'Association régionale de défense des victimes de l'amiante du Nord-Pas de Calais (Ardeva) et du Comité anti-amiante Jussieu, a annoncé, mercredi 13 septembre, dans un communiqué : "Les victimes n'abandonneront pas et la justice ne se débarrassera pas de l'affaire de l'amiante sans un procès en bonne et due forme." Cette sortie intervient alors que la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris doit se prononcer, à huis-clos, vendredi 15 septembre, sur les mises en examen de plusieurs protagonistes de deux dossiers emblématiques du scandale de l'amiante.

En mai dernier, le parquet a demandé la fin des investigations dans 14 enquêtes liées à l'amiante, estimant qu'il est impossible de connaître la date de la contamination des victimes qui ont été en contact avec de l'amiante. "Par conséquent, on ne pourrait jamais imputer cette faute à un responsable, c'est une façon radicale de se débarrasser du dossier", ont estimé les avocats Éric Dupond-Moretti et Antoine Vey.

Pas de fondement pour un non-lieu

"Le parquet prétend se reposer sur un rapport d’expertise commandé par les juges d'instruction, qui selon lui conclurait à l'impossibilité de dater l'intoxication des victimes. Tandis que le rapport indique au contraire que pour les maladies les plus couramment provoquées par l'amiante, l'intoxication commence au début de l'exposition à l’amiante et se prolonge tout le temps de cette exposition", rétorquent les avocats. Ils estiment donc qu'il n'y a pas de fondement pour un non-lieu.

Éric Dupond-Moretti et Antoine Vey demandent que des experts soient commis dans un cadre contradictoire, "afin de vérifier si les conclusions que le ministère public et les juges d’instruction ont tirées du rapport d’expertise du 22 février 2017 sont véritablement conformes aux données qui y sont exposées".