Levothyrox : une patiente dépose plainte

Une quinquagénaire a déposé plainte à Mougins (Alpes-Maritimes) contre le laboratoire Merck pour "mise en danger de la vie d'autrui" après avoir subi des problèmes de santé liés, selon elle, à la nouvelle formule du Levothyrox.

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Une pétition signée par plus de 170.000 mécontents, patients ou proches, circule actuellement en France contre la nouvelle version disponible depuis mars 2017 du Levothyrox, médicament indispensable pour traiter des pathologies thyroïdiennes. Ils accusent ce nouveau produit d'engendrer divers effets secondaires (crampes, maux de tête, vertiges...). Une patiente a déposé plainte pour mise en danger de la vie d'autrui le 29 août 2017.

Les patients n'ont pas été informés du changement de formule

"J'ai déposé plainte car nous n'avons pas été informés d'un changement de formule, rien dans la notice ne l'indique", a expliqué à l'AFP Anne-Catherine Colin-Chauley, 58 ans, confirmant une information de Nice-Matin. "Il y a bien une négligence fautive du laboratoire Merck et une faute de celui qui a ordonné le changement de la molécule sans indiquer les conséquences possibles de ce changement", dénonce-t-elle dans sa plainte consultée par l'AFP.

La plaignante, qui a subi une ablation totale de la thyroïde en 2006, assure souffrir depuis mai de "vertiges, crampes, fatigue". Elle en a fait part à son mari, médecin, qui lui prescrit des examens sanguins venant confirmer ses craintes : "Ma TSH (ndlr : dosage sanguin de la thyréostimuline, une hormone stimulant la glande thyroïde) s'est effondrée, et même après avoir essayé de modifier le traitement ça ne change rien". Mme Colin-Chauley, qui est avocate, déplore : "Je me bourre de cachets pour être en forme, je ne suis vraiment pas bien". Elle envisage d'aller "en Italie ou en Espagne" pour se procurer l'ancienne formule du médicament.

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Un changement d'excipients en cause

Merck assure que le changement de formule ne concerne pas le principe actif (la lévothyroxine, une hormone de substitution) mais porte sur des substances, appelées "excipients", qui lui sont associées, comme par exemple le lactose qui a été remplacé par le mannitol, très courant dans l'alimentation et d'autres médicaments.

Trois millions de patients prennent ce traitement en France pour hypothyroïdie ou après une opération pour cancer de la thyroïde. Face à la polémique, l'Agence du médicament (ANSM) a mis en place un numéro vert pour "répondre aux inquiétudes" des patients. Au total, 154.000 appels avaient été dénombrés mercredi depuis sa mise en place, avec un rythme d'appels quotidiens tombé à 2.500, indique l'agence sanitaire.