Un festival de palmes, France info

Cannes, un festival de palmes. En 1977 et 1978, le festival récompense "le caractère purement ethnologique" du cinéma italien

Pour célébrer les 70 ans du festival de Cannes, chaque jour sur franceinfo, Thierry Frémaux, le délégué général du festival, raconte ces épisodes et ces palmes qui ont marqué l’histoire de la Croisette. Ce vendredi, plongée dans une Italie pauvre et méconnue, en 1977 avec les frères Taviani et en 1978 avec Olmi.

00:00-00:00

audio
vidéo
logo
franceinfoThierry FiorileRadio France

Mis à jour le
publié le

Scène du film \"L\'Arbre aux sabots\' d\'Ermanno Olmi, palme d\'or en 1978.
Scène du film "L'Arbre aux sabots' d'Ermanno Olmi, palme d'or en 1978. (MONDADORI PORTFOLIO / MONDADORI)

À la fin des années 70, l'âge d'or des studios de Cinecittà fait partie du passé mais le festival de Cannes sacre deux films italiens bouleversants. En 1977, la palme d'or revient à Padre padrone des frères Paolo et Vittorio Taviani, récit familial dans la Sardaigne des années 40. "C'est un film d'auteur sans concession, explique Thierry Frémaux au micro de Thierry Fiorile pour franceinfo. Le monde entier va découvrir quelque chose d'une histoire de l'Italie qui n'était pas connue". Cette année-là, Roberto Rossellini, le président du jury, "qui ne venait pas du néoréalisme pour rien", analyse le délégué général du festival de Cannes, choisit "de récompenser un petit film d'auteur sans argent" et qui, "aujourd'hui, apparaît plus comme une expérience de cinéma", dit encore Thierry Frémaux.

Ermanno Olmi reçoit la palme d\'or à Cannes en 1978 pour \"L\'Arbre aux sabots\" (photo de gauche). L\'actrice Monica Vitti remet la palme d\'or aux frères Taviani pour \"Padre Padrone\" lors du festival de Cannes 1977 (photo de droite).
Ermanno Olmi reçoit la palme d'or à Cannes en 1978 pour "L'Arbre aux sabots" (photo de gauche). L'actrice Monica Vitti remet la palme d'or aux frères Taviani pour "Padre Padrone" lors du festival de Cannes 1977 (photo de droite). (RALPH GATTI / AFP)

En 1978, L'Arbre aux sabots, d'Ermanno Olmi, histoire d'une famille paysanne très pauvre, reçoit la palme d'or à l'unanimité. Ce qui a plu aux "puristes" c'est "cette sobriété, ce caractère extraordinairement quotidien et puis le caractère purement ethnologique" du film, indique Thierry Frémaux. "On voyait un pays européen raconter son histoire et dire à quel point la pauvreté était très présente il n'y a pas si longtemps, dit-il. Je l'avais vu à l'époque et cela m'avait beaucoup impressionné et, surtout, on aimait aimer ces films-là."

Thierry Frémaux, le délégué général du festival de Cannes, avec Paolo et Vittorio Taviani et le président du jury Ethan Coen durant le festival de Cannes 2015.
Thierry Frémaux, le délégué général du festival de Cannes, avec Paolo et Vittorio Taviani et le président du jury Ethan Coen durant le festival de Cannes 2015. (ANDREAS RENTZ / GETTY IMAGES EUROPE)

De La Grande bouffe à Ken Loach, en passant par les grands moments du cinéma italien, les films audacieux et les années à scandale, chaque jour, en attendant la cérémonie d'ouverture du 70ème festival de Cannes, franceinfo raconte ces palmes qui ont marqué l'histoire du festival avec son délégué général, Thierry Frémaux, et Thierry Fiorile, spécialiste du cinéma à franceinfo. Chacun des 35 épisodes s'articule autour d’une thématique.

Scène du film \"L\'Arbre aux sabots\' d\'Ermanno Olmi, palme d\'or en 1978.
Scène du film "L'Arbre aux sabots' d'Ermanno Olmi, palme d'or en 1978. (MONDADORI PORTFOLIO / MONDADORI)