Un festival de palmes, France info

Cannes, un festival de palmes. En 1972, le cinéma italien est politique, "consécration d'une génération de cinéastes militants"

Pour célébrer les 70 ans du festival de Cannes, chaque jour sur franceinfo, Thierry Frémaux, le délégué général du festival, raconte ces épisodes et ces palmes qui ont marqué l’histoire de la Croisette. Ce jeudi, en 1972, les Italiens Petri et Rosi se partagent la palme d'or pour leurs films politiques.

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Scène de \"La Classe ouvrière va au paradis\" avec Gian Maria Volontè, réalisé par Elio Petri et palme d\'or 1972.
Scène de "La Classe ouvrière va au paradis" avec Gian Maria Volontè, réalisé par Elio Petri et palme d'or 1972. (TAMASA)

En 1972, deux cinéastes italiens se partagent le grand prix, Elio Petri pour La Classe ouvrière va au paradis, un film militant, assez lyrique avec une usine et une grève en toile de fond, et Francesco Rosi pour L'Affaire Mattei, plongée dans la dureté et la violence de l'Italie politique. "On assiste à la consécration de cette deuxième génération de cinéastes italiens, plus militants, plus politiques, explique Thierry Frémaux à franceinfo. On a là un cinéma qui est considéré comme étant problématique parce que militant. Si on est sur le contenu, on n'est pas sur la forme". Le délégué général du festival de Cannes rappelle que ces deux cinéastes n'ont pas été "chéris par la critique".

L\'actrice Gina Lollobrigida et le cinéaste Alfred Hitchcock remettent les palmes d\'or aux cinéastes Francesco Rosi et Elio Petri en 1972.
L'actrice Gina Lollobrigida et le cinéaste Alfred Hitchcock remettent les palmes d'or aux cinéastes Francesco Rosi et Elio Petri en 1972. (RALPH GATTI / AFP)

L\'acteur Gian Maria Volontè dans le rôle d’Enrico Mattei, dont la mort mystérieuse en 1962 a inspiré le film \"L\'Affaire Mattei\" (\"Il Caso Mattei\"), réalisé par Francesco Rosi et couronné d\'une palme d\'or ex æquo à Cannes en 1972.
L'acteur Gian Maria Volontè dans le rôle d’Enrico Mattei, dont la mort mystérieuse en 1962 a inspiré le film "L'Affaire Mattei" ("Il Caso Mattei"), réalisé par Francesco Rosi et couronné d'une palme d'or ex æquo à Cannes en 1972. (MICHAEL OCHS ARCHIVES / MOVIEPIX)

Autre anecdote de cette 25e édition du festival de Cannes : Jean Yanne remporte le prix d'interprétation masculine pour Nous ne vieillirons pas ensemble de Maurice Pialat mais l'acteur ne veut pas du prix, notamment parce qu'il ne comprenait pas "pourquoi on l'aimait dans ce rôle-là, explique Thierry Frémaux, puisque le cinéma de Maurice Pialat n'est pas tout à fait le même" que le sien. "Jean Yanne est quelqu'un qui a toujours tenté, et réussi la plupart du temps, de faire rire les gens", analyse le délégué général du festival.

L'acteur Jean-Yanne, très critique envers le festival de Cannes en 1972 :

De La Grande bouffe à Ken Loach, en passant par les grands moments du cinéma italien, les films audacieux et les années à scandale, chaque jour, en attendant la cérémonie d'ouverture du 70ème festival de Cannes, franceinfo raconte ces palmes qui ont marqué l'histoire du festival avec son délégué général, Thierry Frémaux, et Thierry Fiorile, spécialiste du cinéma à franceinfo. Chacun des 35 épisodes s'articule autour d’une thématique.

Scène de \"La Classe ouvrière va au paradis\" avec Gian Maria Volontè, réalisé par Elio Petri et palme d\'or 1972.
Scène de "La Classe ouvrière va au paradis" avec Gian Maria Volontè, réalisé par Elio Petri et palme d'or 1972. (TAMASA)