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Toute dernière fois. 1918, le dernier soldat français de la Première Guerre mondiale meurt au combat

Tout l'été, nous revenons sur ces moments où l'histoire s'achève. Le 11 novembre 1918, le dernier soldat français de la Première Guerre mondiale mort au combat.

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franceinfoThomas SnégaroffRadio France

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Tombe d\'Augustin Trébuchon, ultime mort de la Der des Ders, à Vrigne-Meuse (Ardennes).
Tombe d'Augustin Trébuchon, ultime mort de la Der des Ders, à Vrigne-Meuse (Ardennes). (FRANCOIS NASCIMBENI / AFP)

Le 11 novembre 1918, le dernier soldat français de la Première Guerre mondiale mort au combat lors d"une bataille qui fut la dernière de la Première Guerre mondiale. Cette bataille, qui s'est appelée "La bataille de trop". Elle s’est déroulée du 9 au 11 novembre 1918, à Vrigne-Meuse, à moins de deux cent kilomètres de là, dans la Clairière de Rethondes, dans la forêt de Compiègne, alors qu'au même moment, Français et Allemands discutent des modalités de l’Armistice. 

Si pour certains toutes les guerres sont absurdes, que dire de cette dernière bataille, inutile. Les 10 et 11, près de cent soldats perdront la vie. Des pères, des fils, des maris, morts peut-être plus encore que les autres pour rien. De nombreux d’entre eux, tombés le 11 novembre verront leur acte de décès antidaté. Sur les fiches matricules, on écrira 10 novembre pour ne pas imposer aux familles un anniversaire du décès un jour de victoire.


Mais qui fut le dernier Français tombé de la guerre ? Cette question agite les historiens depuis tant d’années, comme s’il fallait l’incarnation de l’absurdité de la guerre. Aux côté du soldat inconnu, visage anonyme et multiple du sacrifice d’une génération, l’on cherche celui, connu, de la mort inutile.
A la onzième heure, du onzième jour du onzième mois, la guerre s’achevait enfin. Dans toute la France, les cloches sonnent à la volée, comme si elles étaient soudainement libérées de l’odeur de la boue et de la mort. Sur le front, les clairons bondissent. Mais quelques minutes plus tôt, des Français sont encore tombés. Leur corps a la chaleur de la vie qui coulait dans leurs veines.

Tombé 3 minutes avant 11 heures

Cinquante ans plus tard, le sergent Robardet du 142e régiment d’infanterie se souvient : "A 11 heures moins 3, je peux le préciser; j'étais avec mon commandant, mon capitaine, l'agent de liaison et un sergent observateur du bataillon et les Allemands nous ont envoyés une volée d'obus. Les derniers. Trois sont tombés dans le Meuse, un seul est tombé sur la rive et le sergent s'est écroulé. Il était mort. c'était notre dernier tué."

"Quelle absurdité que la guerre, qui pousse les hommes à s’entretuer, à tirer une dernière rafale, une dernière salve d’obus seulement quelques minutes avant la fin de la guerre, comme si cela allait changer quelque chose ; à moins qu’il ne s’agisse d’avoir le sentiment d’avoir fait son devoir jusqu’au bout."  Le ton dramatique de Robardet montre bien l’absurdité et la tristesse de la chose. Ce sergent-observateur était engagé depuis le premier jour de la guerre, il tombe à la dernière minute de la guerre : 4 ans et demi d’enfer pour s’écrouler alors que la paix est là.

>> "Toute dernière fois", une chronique à retrouver tout l'été sur France Info et à podcaster sur franceinfo.fr

Tombe d\'Augustin Trébuchon, ultime mort de la Der des Ders, à Vrigne-Meuse (Ardennes).
Tombe d'Augustin Trébuchon, ultime mort de la Der des Ders, à Vrigne-Meuse (Ardennes). (FRANCOIS NASCIMBENI / AFP)