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Retards de paiement, la plaie des PME

Le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, vient de recevoir le rapport annuel de l’Observatoire des délais de paiement. Ces délais sont souvent invoqués pour expliquer les difficultés de beaucoup d’entreprises. 2015 a encore été un mauvais cru

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Radio France

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(Photo d'illustration © MaxPPP)

C'est un véritable fléau pour l'économie en général et les PME-TPE en particulier. Par délais de paiement, il ne faut pas entendre le temps que le consommateur met à régler ses achats au commerçant. Il s'agit des délais mis par une entreprise pour payer ses fournisseurs. La Loi de Modernisation de l'Economie (la LME), votée en 2008, plafonne ces délais à 45 jours fin de mois, ou 60 jours à compter de la date d'émission de la facture. Des arrangements sont possibles entre les deux parties mais le respect des règles reste plus qu'aléatoire.

Peut-on réellement chiffrer l’impact de ces retards sur la santé des entreprises ?

Le rapport remis lundi 7 mars à Emmanuel Macron fait le point sur une année d’activité. Si la loi était strictement respectée, la trésorerie libérée serait de 12 milliards d’euros. 12 milliards, une somme qui dort indûment dans les caisses des grands groupes. Les PME sont devenues en quelque sorte leurs banquiers. Plus d’une grande entreprise sur deux règle ses fournisseurs avec retard. Certains grands groupes ont d’ailleurs intégré ces retards dans leur fonctionnement comptable. En 2014, sur les 63.000 entreprises qui ont déposé le bilan, le quart (16.000) l’ont fait en raison des factures impayées dans les temps. Selon le cabinet ALTARES, on peut multiplier par six le risque pour une entreprise de faire faillite à partir de 30 jours de retards de paiement.

Que fait le gouvernement pour lutter contre ce fléau ?

Avant de se retourner vers l’Etat, il faut d’abord envoyer un message aux patrons, directeurs financiers et directeurs d'achat pour qu'ils arrêtent de recourir à des subterfuges administratifs pour se dérober.

Les métiers d’avocats, experts comptables ou services de conseil sont considérés comme secondaires par certaines multinationales. Et puis il y a le fameux le Crédit d'Impôt Compétitivité Emploi (CICE), dont les grands groupes se servent pour mettre la pression sur leurs petits fournisseurs en invoquant les baisses de charges dont ils bénéficient. Mais que les contrevenants ou patrons de mauvaise volonté se tiennent à carreau. Le projet de loi Sapin II devrait régler leur sort. Le texte sera présenté en Conseil des ministres le 23 mars prochain. 

(Photo d'illustration © MaxPPP)