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Marchés financiers : sommes-nous revenus en 2008 ?

La semaine aura été très tendue sur les marchés financiers. Si l’on en croît le célèbre financier américain Georges Soros, nous serions revenus en 2008, à l’aube d’une nouvelle crise

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Radio France

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(Georges Soros © Frederic Sierakowski/ISOP/SIPA)

Georges Soros est un personnage très controversé dans l’opinion. Milliardaire américain d’origine hongroise, célèbre pour ses talents de spéculateurs sur les monnaies, c’est un fin analyste et ses commentaires sont très suivis. Il faut dire que quand on gère quelque 30 milliards de dollars pour sa famille et ses fondations, on sait de quoi on parle.

 

Ce que dit précisément Georges Soros

 

Il n’insiste pas tant sur la situation du marché pétrolier que sur la conjoncture chinoise. Argument clef : les difficultés de la Chine et les dévaluations successives de sa monnaie fragilisent la stabilité financière mondiale.

Pékin est confronté à des choix d’ajustements structurels importants et en dévaluant sa monnaie, le yuan – ce qu’elle a fait encore jeudi matin –, elle peut transmettre ses problèmes au reste du monde.

 

‘’La Chine peut transmettre ses problèmes’’

 

C’est peut-être la note d’optimisme qu’il faut retenir de ce commentaire, qui rejoint d’ailleurs ceux de certains experts, fins connaisseurs de la Chine.

Selon ces derniers, l’économie chinoise est certes au ralenti – le taux de croissance y est probablement plus de l’ordre de 2 à 3% que des 7% annoncés par le comité central du parti communiste – mais la Chine est dans une phase d’ajustement de long terme.

Or, les marchés réagissent et prennent leurs décisions de vente ou d’achats d’actions sur le court terme.

 

***Changements stratégiques

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Laissons les réactions épidermiques aux marchés et regardons d’un peu plus près le terrain.

Plusieurs décisions de stratégie de politique économique montrent que les réformateurs reprennent du pouvoir face aux conservateurs à Pékin. Il y a une volonté manifeste de confirmer l’entrée de la Chine dans une phase de normalisation économique mondiale.

En témoigne l’entrée récente du yuan dans le panier de devises de référence au niveau international, à la demande du FMI.

Traduction : les autorités politiques chinoises acceptent de figurer aux côtés du dollar et d’assumer ainsi les responsabilités d’une nation normalisée.

Le rétablissement de l’économie chinoise est sur les rails. Mais comme aimait à le dire un ancien président français : ‘’il faut laisser le temps au temps’’. Ce qui est loin d’être la préoccupation des marchés financiers.

(Georges Soros © Frederic Sierakowski/ISOP/SIPA)