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La canicule influence la croissance économique

La canicule s'est donc installée sur la France. La chaleur pose des problèmes de santé publique mais aussi d'ordre économique.

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(Au-delà de 22°, les consommateurs achètent en masse des boissons non-sucrées, et ce domaine n'est pas le seul secteur "météo-sensible" de l'économie © Baziz Chibane/Sipa)

La météo comme nouvel indicateur de croissance. Sera-t-elle un jour incluse dans le calcul du PIB, la richesse nationale ? La question est de savoir jusqu'où les variations de température influencent directement l'activité économique.

Le MIT – le Massachusetts Institute of Technologie, basé à Boston aux Etats-Unis – a mené l'enquête et la réponse est  oui. Quand il fait plus chaud, ou plus froid, que les températures moyennes observées, l'économie s'en ressent.

 

Que disent les chiffres ?

 

C'est assez technique donc nous n'entrerons pas dans les détails. Les chercheurs de l'institut de Boston se sont penchés sur des données remontant jusqu'à 40 ans et en concluent que la productivité baisse environ de 1,5 à 1,7% par degré supplémentaire au-delà de 15° et par jour.

Cela vaut aussi dans l'autre sens quand il fait très froid. Ce qui a une incidence, en partie bien sûr, sur les taux de croissance des pays situés dans les zones dont le climat est non tempéré.

L'impact de la température est également visible sur les revenus : quand la température annuelle moyenne augmente de 1°, le revenu par tête baisse de 1 à 2%.

 

Il s'agit là de données générales. Peut-on vraiment calculer, par exemple, l'impact de la canicule sur l'activité des entreprises françaises ?

 

Environ 70% de nos entreprises sont météo-sensibles. On peut donc attribuer à des secteurs précis, ou directement des produits, une température qui déclenche le réflexe d'achat du consommateur.

On pense en premier lieux aux boissons. Le cabinet No-Logic, spécialisé notamment dans ce que l'on appelle le "météo-marketing", affirme que la consommation de bière ou de vin rosé s'envole quand le thermomètre affiche plus de 22°. Quand on dépasse les 27°, cette consommation stoppe au profit des boissons non alcoolisées et non sucrées. Ce sont des données importantes pour les producteurs de sodas, l'industrie toute entière et les économistes, au premier rang desquels les conjoncturistes.

(Au-delà de 22°, les consommateurs achètent en masse des boissons non-sucrées, et ce domaine n'est pas le seul secteur "météo-sensible" de l'économie © Baziz Chibane/Sipa)