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BNP Paribas instaure des frais bancaires et augmente son patron

Le chiffre a de quoi marquer les esprits : 3,6 millions d’euros, en hausse de 26%. C’est la rémunération que va toucher le directeur général de BNP Paribas au titre de 2015

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(illustration prétexte © Maxppp)

C’est le journal Les Echos qui a levé le lièvre mais l’info est publique, consultable sur le site internet de la banque. Au moins, on ne peut pas accuser l’établissement de la rue d’Antin de jouer l’opacité.

Mais en pleine discussion sur la loi Travail et son corolaire sur le pouvoir d’achat des français, l’information fait tâche et ne peut que relancer le débat sur ces méga-salaires de la haute sphère stratosphérique patronale.

 

Pourquoi cette hausse de 26% ?

 

En 2014, BNP Paribas avait dû verser à la justice américaine un peu plus de 8 milliards d’euros d’amende pour violation d’embargos sur le commerce avec des pays montrés du doigt par les Etats-Unis. Cette amende avait amputé la rémunération variable 2014 de Jean-Laurent Bonnafé de 15%, la limitant à 2.800.000 euros annuels.

La tempête judicaire passée et l’affaire soldée, les administrateurs ont décidé de remettre au pot pour 2015.

En réalité : le fixe de Bonnafé n’a pas pris un centime (1 million 250.000), c’est la partie variable qui a été augmenté de… 62%.

 

Cela échapperait-il à toute logique ?

 

Regardons simplement les faits.

BNP Paribas a dégagé l’an dernier 6,7 milliards d’euros de profits, en dessous des attentes des analystes.

Sa note a été légèrement abaissée par l’agence Standard and Poor’s pour le niveau de ses fonds propres jugé plus délicat que celui de ses concurrents.

Et puis, face aux 8 milliards d’euros d’amende aux Etats-Unis, les 6 milliards de résultat net font pâle figure.

Enfin, cette hausse de rémunération intervient alors que les banques – dont BNP Paribas – augmentent les frais de gestion de compte pour leurs clients et réduisent le nombre de leurs agences sur le territoire par souci de rentabilité en invoquant l’impact des nouvelles technologies.

 

Code de bonne conduite

 

A quoi servent les codes de bonne conduite sans cesse invoqués, notamment, par le Medef et l’Afep (Association Française des Entreprises Privées) pour éviter les scandales des salaires mirobolants et autres parachutes dorés ou retraites chapeau ?

Certains dirigeant s’en moquent visiblement de manière éhontée.

Je dis "certains" car seuls quelques dirigeants jettent l’opprobre sur une grande majorité de chefs d’entreprises qui sont bien loin de cette spirale infernale des salaires monstrueux. Un quarteron de patrons  qui alimentent le ras le bol d’une opinion publique de plus en plus fébrile… pour cause.

(illustration prétexte © Maxppp)