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Tout euro, tout éco. Frexit : la grande illusion ?

Au moment où l’Europe célèbre en grande pompe le 60e anniversaire du Traité de Rome et veut se réinventer, l’hypothèse du Frexit, la sortie de la France, membre fondateur, de l’Europe et de l’euro est étudiée avec de plus en plus de sérieux par les milieux économiques et financiers.

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franceinfoLise JollyRadio France

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image conceptualisée (BERNARD JAUBERT / ONLY FRANCE)

C’est Moody’s, l’agence de notation américaine qui a commencé à nous faire peur. Elle considère comme croissant le risque de Frexit, la sortie de la France de l’Europe, qui figure dans le programme du Front National mais aussi dans celui d’autres candidats, y compris à gauche chez Jean-Luc Mélenchon en cas de non-renégociation des traités européens.

Moody’s, dans son rapport, dit se méfier des événements politiques qui peuvent avoir des issues inattendues. L’agence fait évidemment référence à l’élection de Trump mais aussi au Brexit. Un Brexit qui n’a pour l’instant pas affecté réellement l’économie britannique mais qui n’est pas encore entré en vigueur et dont les conséquences sont encore à venir.

Les marchés dans l'anticipation

Les marchés, curieusement, minimisent cette sortie de la France de l'Europe et de l'euro. Ils commencent à se pencher sur un possible retour au franc. Il ferait grimper les taux d’intérêts comme ceux des emprunts que l’on souscrit pour rembourser la dette. Pour l’instant, la France emprunte au plus bas possible, mais des taux à la hausse, creuseraient encore davantage le différentiel avec l’Allemagne. Les marchés minimisent le phénomène car ils considèrent aussi que la politique menée aujourd’hui en Europe n’a pas été une panacée non plus, puisqu’elle n’a pas réussi à corriger les déséquilibres au sein de la zone euro, bien au contraire.

Seules les entreprises exportatrices profiteraient donc du retour au franc, à condition que son taux de change soit vraiment attractif. Mais ces entreprises qui exportent ne sont que 4,5 % en France. Sur l’épargne, pas de conséquences puisque les Français préfèrent la pierre. Quant à la dette comparée aux avoirs extérieurs de la France, c’est quasi l’équilibre. Pour ces marchés, la sortie de l’euro pourrait donc avoir un effet à minima. Sans tuer l’économie française, elle ne lui ferait pas de bien pour autant.

Les chefs d’entreprises inquiets

Les chefs d'entreprises sont inquiets et leur grande peur, c’est d’abord le renchérissement des matières premières dont le bas coût aujourd’hui soutient la croissance. Et le rétablissement des barrières douanières. S’il faut payer plus pour l’énergie et pour avoir accès à notre premier marché, celui de l’Europe, ça se répercutera sur les prix. Et du coup, tout cela réduirait à néant les bienfaits d’un franc bas.

L’industrie, où ce qu’il en reste, serait elle aussi, lourdement pénalisée car il faudrait acheter des machines-outils aux Allemands, d’où un coup de frein sur la modernisation. Sans parler du bouleversement dans nos vies, nos banques, nos magasins, l’impression d’une nouvelle monnaie, la valse des étiquettes etc.
Le passage à l’euro a été préparé pendant 10 ans. Ce qui signifie que les apprentis sorciers qui veulent le voir disparaître mettraient en marche une machine à perdre qu’ils n’auraient même pas à gérer sous leur propre quinquennat.

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image conceptualisée (BERNARD JAUBERT / ONLY FRANCE)