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Tout euro, tout éco. Europe politique, la tarte à la crème d’avant-élections

L’Europe mise en accusation, vilipendée, dénigrée, en butte à toutes les critiques des populistes, est au pied du mur : elle doit se réformer.

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franceinfoLise JollyRadio France

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Joschka Fischer au Bundestag en 2000
Joschka Fischer au Bundestag en 2000 (TIM BRAKEMEIER / DPA)

Pour certains, l'Europe impose trop de règles et de contraintes et il faut la simplifier. Pour d’autres, elle n’est pas assez achevée, pas assez intégrée, bref l’Europe politique n’existe pas. Le sujet est au cœur de la réunion des chefs d’Etat et de gouvernements français, italien, espagnol et allemand ce lundi à Versailles, et surtout juste avant les élections.

Le traité de Rome a 60 ans le 25 mars 2017

Pour fêter dignement les 60 ans du traité de Rome, le 25 mars prochain, il faut montrer que l’Europe n’est pas morte et bouge encore, trouver un nouveau projet, une nouvelle vision dans une Europe qui ne séduit plus les citoyens. Alors on ressort des cartons cette vieille idée d’une Europe à plusieurs vitesses.

Le Brexit et l’élection de Trump sont passés par là, la montée ou l’émergence de populistes anti-européens au sein même de l'Europe, comme aux Pays-Bas, en France, en Allemagne et même en Italie ont aussi réveillé la conscience de politiques aux abonnés absents et qui ne se sont jamais vraiment souciés jusqu’ici de l’avenir de l’Europe face à la mondialisation.

Une Europe différenciée

Ce nouveau projet est déjà ancien donc. Ce serait cette Europe à cercles concentriques pour laquelle plaidait déjà l’allemand Karl Lammers il y a 23 ans, une Europe à plusieurs vitesses comme on l’a parfois évoquée en France, une Europe différenciée dit-on aujourd’hui, bref, une sorte d’Europe à la carte avec ceux qui accepteraient de mettre en commun leur politique de défense et de sécurité, de faire des investissements ensemble, d’harmoniser leur fiscalité et leur système social. En gros, les quatre ou six pays fondateurs. Les autres resteraient dans la zone euro et les troisièmes, juste dans le marché unique. C’est un peu ce qu’on avait commencé à proposer aux Britanniques dans un accord devenu aujourd’hui caduc après le Brexit.

Beaucoup de temps perdu 

Ce projet-là n'aurait peut-être pas suffi à conserver les Britanniques parmi nous, mais ce qui est sûr, c’est que l'Europe se meurt du manque de réforme et de projet. L’élargissement à l’Est de 2004 et les crises de 2008-2009, celle des réfugiés ont fait tanguer le navire très fortement, sans doute bien davantage que l’arrivée de Schengen et de l’Euro dans nos vies. Depuis lors, l’Europe et ses dirigeants ne font que gérer les problèmes sans proposer de solution. Au premier chef, le couple franco-allemand, que ce soit Merkozy ou Merkolland.

Il faut remonter au 12 mai 2000 pour retrouver un vrai discours politique structuré sur l’Europe

C’était à la Humboldt Université de Berlin. L’homme plaidait pour une Europe fédérale dont il décrivait clairement les structures politiques. Depuis il a quitté le devant de la scène. C’était un vice-chancelier allemand, son nom : Joschka Fischer. Depuis, dans l’Union, le monde politique n’a jamais vraiment débordé d’intérêt pour le projet européen mais là, il y urgence-élections. Fischer, c’était pourtant il y a 17 ans, déjà !

Joschka Fischer au Bundestag en 2000
Joschka Fischer au Bundestag en 2000 (TIM BRAKEMEIER / DPA)