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Sécurité européenne, la nécessaire prise de conscience

Combien l’Europe consacre-t-elle à sa sécurité ? C’est évidemment la question qui se pose après les attentats de Bruxelles, et une chose est sure, l’Union pourrait mieux faire.

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Radio France

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(la police belge après les attentats à Bruxelles © MaxPPP)

Sur un budget de 135 milliards d’euros pour la période 2014-2020,  soit 0,80 centimes d’euros par européen et par jour, l’Europe consacre un peu moins de 4 milliards, soit 4,5 %, au fonds de sécurité intérieure.

Rien à voir avec les 60 milliards de la nouvelle politique agricole commune, ni même avec les 50 milliards consacrés à la croissance et l’emploi. Frontex qui manque de garde-côtes affiche un budget de 142 millions seulement pour assurer la police des frontières. Europol, c'est un peu moins de 100 millions. Eurojust, qui s’occupe de justice, affiche 33 millions et le système d’information Schengen qui croise les fichiers de renseignements représente quelque 28 millions.

Autant dire que la part que l’Europe consacre à la sécurité, c’est une goutte d’eau dans la mer, une toute petite tranche sur le camembert du budget européen.

Après Londres, Madrid, Paris et Bruxelles cette semaine, peut- on vraiment continuer à en faire une question nationale et en rester là ? La collaboration entre états se fait souvent sur la base d’accords bilatéraux, de pays à pays, et non pas sur le plan européen.

Une partie des parlementaires n’en veut pas, au motif que cela constitue une atteinte à la vie privée ou que les données seraient conservées trop longtemps. Pourtant 16 pays ont déjà mis en place, au sein de l’Union, leur PNR avec état civil des passagers, numéro de vol, moyens de paiement,  etc… En tout, une vingtaine de données qui peuvent être croisées.

La France a déjà les bureaux mais pas encore le système informatique. Ce PNR européen coûterait environ 500 millions d’euros, ce n’est pas infaisable mais les états ne suivent pas.

Au-delà des mots, rien ne passe

Manuel Valls a plaidé à Bruxelles pour un pacte européen de sécurité. Jean-Claude Juncker, le président de la commission, voudrait une union de la sécurité comme on a déjà une union bancaire, une union de l’énergie, une union économique et monétaire et j’en passe, mais au-delà des mots, rien ne se passe.

Le conseil a du mal à se saisir du sujet, et surtout, chacun de ses Etats-membres à se déposséder d’un domaine qui lui tient à cœur, sa propre sécurité.

Quant au FBI européen, où à une agence européenne de renseignement, on en est loin. Sans prise de conscience et surtout sans volonté politique, les terroristes ont de l’avenir en Europe.

(la police belge après les attentats à Bruxelles © MaxPPP)