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Tout et son contraire. Alain Jakubowicz: "Il y a une montée de l'expression raciste, depuis la présidence de Sarkozy"

Avocat et président de la Ligue Internationale Contre le Racisme et l'Antisémitisme (Licra),  Alain Jakubowicz est l'invité de Philippe Vandel dans Tout et son contraire. 

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L\'avocat Alain Jakubowicz, lors d\'une conférence de presse en 2015, alors qu\'il défendait Karim Benzema dans l\'affaire de la sextape. 
L'avocat Alain Jakubowicz, lors d'une conférence de presse en 2015, alors qu'il défendait Karim Benzema dans l'affaire de la sextape.  (ROMAIN LAFABREGUE / AFP)

L'avocat Alain Jakubowicz a été l'une des figures des procès Barbie, Touvier et Papon. Il défendait alors le consistoire israëlite de France. Il est aussi connu du grand public pour avoir été l'un des avocats de l'attaquant du Real Madrid, Karim Benzema dans l'affaire de la sextape.

Avec sa casquette de président de la Licra, un poste qu'il occupe depuis janvier 2010, Alain Jakubowicz observe la dégradation du climat social en France : " Il y a une montée de l'expression raciste et antisémite dans notre pays, assure-t-il en poursuivant, la boite de Pandore a été ouverte, la parole s'est libérée et on peut pratiquement le dater de l'époque de la présidence de Nicolas Sarkozy". 

Pas question néanmoins, pour Alain Jakubowicz, de jeter l'anathème sur l'ancien président de la République. Il constate simplement. 

Les bonnes vieilles blagues de café du commerce sur les négros, les youpins, les bougnoules, etc. On en avait fini, et malheureusement, c'est revenu sur le devant de la scène.

Alain Jakubowicz, président de la Licra

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Au micro de Philippe Vandel, Alain Jakubowicz a également évoqué la caricature antisémite d'Emmanuel Macron. Courant mars, le candidat à la présidentielle a été représenté sur le site du parti Les Républicains avec un nez crochu, un cigare et un chapeau haut-de-forme, telle l'image du juif dans les années 30. "Là, c'est l'exploitation à des fins politiciennes d'images absolument surréalistes", commente le président de la Licra. 

Face à ses dérives, il estime que les associations qui luttent contre le racisme sont encore trop désarmées. Pour être efficaces, il estime qu'elles doivent évoluer en même temps que la société. "On n'a pas vu arriver le racisme inter et intra-communautaire: les feuj contre les beurs, les beurs contre les blacks", énumère-t-il. Et il ajoute : "Aujourd'hui, on peut être antiraciste tout en étant antisémite. C'est absolument stupéfiant."

Un avocat qui ne défend ni les pédophiles, ni les toxicomanes

Évoquant sa carrière d'avocat, Alain Jakubowicz, raconte que son cabinet s'occupe principalement du droit des affaires. Une spécialité qui lui permet d'avoir un avis critique sur le déroulement de la procédure judiciaire autour de l'affaire des emplois fictifs présumés de François Fillon. "Incontestablement, les délais qui sont appliqués à ce dossier sont hautement inhabituels", assure-t-il. 

Alain Jakubowicz déclare par ailleurs que, contrairement à la plupart de ses confrères, il ne pourrait pas défendre certaines personnes, en l'occurence, les toxicomanes et les pédophiles. "Je considère que tout homme qui est poursuivi a le droit d'être défendu le mieux possible. Et je ne peux pas donner le meilleur, pour des gens avec lesquels je n'adhère pas", se justifie-t-il. "Si je sens que je ne sortirai pas mes tripes pour défendre mon client, je préfère ne pas y aller". 

Lorsqu'il enlève sa robe d'avocat et son costume de président de la Licra, Alain Jakubowicz raconte être un "épicurien", qui aime "la bonne nourriture"et "passer la soirée avec des copains à écouter des musiques des années 70". Il révèle même un penchant pour les romans pour midinettes. "Je trouve que ça fait du bien de temps en temps de s'aérer la tête. Ce sont des romans faciles, où les histoires sont belles et les personnages intéressants", explique-t-il. 

L\'avocat Alain Jakubowicz, lors d\'une conférence de presse en 2015, alors qu\'il défendait Karim Benzema dans l\'affaire de la sextape. 
L'avocat Alain Jakubowicz, lors d'une conférence de presse en 2015, alors qu'il défendait Karim Benzema dans l'affaire de la sextape.  (ROMAIN LAFABREGUE / AFP)