Tout et son contraire, France info

Costa-Gavras : "À 84 ans, j’ai toujours envie de tourner"

Cinéaste franco–grec, on doit à Costa-Gavras le film "Z" en 1969, "L'Aveu" en 1970 avec Yves Montand, "Missing" en 1982, récompensé à la fois d’une palme d’Or à Cannes, et d’un Oscar à Hollywood. Il est l'invité de Philippe Vandel dans "Tout et son contraire".

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Costa Gavras
Costa Gavras (FLORIAN DAVID / AFP)

 Costa-Gavras est l’invité d’honneur de la deuxième semaine du Cinéma Positif, qui se tient à Cannes jusqu'à mercredi prochain avec des films projetés en plein air. Au programme, une série de tables rondes, ouvertes au public et entièrement gratuites. Malgré ses 84 ans, malgré ses fonctions de président de la Cinémathèque française Costa-Gavras ne souhaite pas pour autant s’arrêter de tourner, à l’image de Manuel de Oliveira. "À la cinémathèque, on a fêté ses 100 ans… Je suis monté sur scène et je lui ai dit 'Manuel, on t’attend l’année prochaine avec ton prochain film !' Et il est revenu l’année d’après… avec un autre film."

Des Porsches, Tsipras et des injustices

D’origine grecque, il est devenu ami avec Alexis Tsipras, le nouveau Premier ministre d’extrême-gauche, qui a accepté un nouveau train de mesures d’austérité en échange de 7 milliards d’euros de l’Europe. Costa-Gavras dit se sentir personnellement blessé  par les critiques à l’égard des Grecs : il parle d’injustice, de mesures injustes qui leurs sont imposées. Et rapporte que la Grèce est le pays d’Europe dans lequel, proportionnellement, il y a le plus de gens qui roulent en Porsche. "C’était à l’époque où l’argent coulait à flots. Les gens ont acheté des Porsche à crédit et un jour il a fallu les payer. Ils ont réussi grâce à une petite combine en faisant passer les Porsche pour des véhicules utilitaires", explique-t-il.

La guerre civile, contre laquelle on ne peut rien

Né à Athènes en 1933 d’un père militant anti-royaliste, classé comme "communiste" par le pouvoir, le jeune Constantin débarque en France pour étudier dès ses 19 ans. Entre temps, il connait l’occupation nazie. "Pendant l’Occupation, j’ai vu des gens pendus sur une place par les Allemands. Et pendant la guerre civile, j’ai vu des gens tués avec des coups de bâtons. Il n’y a pas pire qu’une guerre civile parce qu’avec une occupation, on peut encore se battre, résister. Une guerre civile, on ne peut rien faire."

Dans la famille Gavras, pas de piston      

Son fils Romain est cinéaste. C‘est lui qui a lancé la société de production KourTrajMé : il tourne en ce moment avec Adjani. Mais dans la famille Gavras, pas de piston : Romain Gavras a travaillé dur pour s’acheter sa première caméra. "Il a dit : 'Un jour, moi, pendant six mois, je vais livrer des pizzas…' Et il a appris une chose formidable : plus les gens sont pauvres, meilleur est le pourboire…"

Costa Gavras
Costa Gavras (FLORIAN DAVID / AFP)