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T'as vu l'info ? Philippe Val, François Bayrou et la "perpétuelle dénonciation" sur les réseaux sociaux

Dans une tribune publiée dans le Journal du Dimanche, ce week-end, l'écrivain et journaliste Philippe Val dénonce "l'inquisition" menée selon lui via les réseaux sociaux. Cela n'a pas échappé à Guy Birenbaum. 

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Philippe Val, le 16 mai 2008.
Philippe Val, le 16 mai 2008. (VALERY HACHE / AFP)

D’après l’écrivain et journaliste Philippe Val, dans le Journal du Dimanche, les réseaux sociaux ont institué un cinquième pouvoir : "celui du murmure d’une multitude soupçonneuse et dénonciatrice". Dans sa tribune intitulé "La moralisation, pas l’inquisition" Philippe Val embraye derrière la conférence de presse de François Bayrou. Le jour de sa démission, l’ex-ministre de la Justice avait dénoncé une société de "perpétuelle dénonciation". François Bayrou avait regretté que la dénonciation fasse "désormais système avec les réseaux sociaux, avec la presse". Val prolonge cette défense en expliquant qu’on va peut-être décimer un personnel politique au nom d’une pureté qui est "le cancer de la démocratie".

"Si les réseaux sociaux avaient existé..."

Le gros de sa charge vise les réseaux sociaux. Et voilà le pire : "Si les réseaux sociaux avaient existé entre 1939 et 1944, par combien aurait-on multiplié les arrestations, les crimes et les déportations ?"

D’abord, je peux affirmer aussi péremptoirement, sans aucune preuve, le contraire : si les réseaux sociaux avaient existé entre 1939 et 1944, combien d’arrestations, de crimes et de déportations auraient-on évité ? Surtout, si je repars du point de départ de l’affaire du MoDem, Philippe Val oublie que la première à avoir évoqué le recours à des emplois présumés fictifs au sein du MoDem, c’est probablement l’ancienne eurodéputée Corinne Lepage dans son livre Les Mains propres, Plaidoyer pour la société civile au pouvoir, livre paru en janvier 2015. Philippe Val oublie aussi que c’est une élue du Front national Sophie Montel qui a dénoncé 19 de ses confrères du Parlement européen pour qu’on ne parle pas que de l’affaire des assistants parlementaires du FN. Philippe Val oublie, enfin, le sérieux des enquêtes de journalistes dont celle de la cellule investigation de Radio France.

Oui, il faut se méfier des salopards et des saloperies qui peuvent traîner sur les réseaux sociaux mais en confondant moralisation et inquisition, j’ai peur que Val soit resté scotché à l’ancien monde.

Le dicton du jour

A la saint Anthelme, Philippe Val devrait penser à remplacer son modem.

Philippe Val, le 16 mai 2008.
Philippe Val, le 16 mai 2008. (VALERY HACHE / AFP)