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T'as vu l'info ? "Le Parisien" s'intéresse au sort des politiques battus aux élections

"Le Parisien" s'inquiète du sort des candidats malheureux aux dernières élections. Cela n'a pas échappé à Guy Birenbaum.

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\"Le Parisien\" du 10 juillet 2017.
"Le Parisien" du 10 juillet 2017. (DR)

Je suis énervé. La une du Parisien du lundi 10 juillet et la double page qui l’accompagne m’ont effectivement bien chauffé, dès mon arrivée à la radio. Le titre à la une : "Battus aux élections que deviennent-ils ? Victimes de la vague Macron, de nombreux ‘politiques professionnels' désormais sans mandat ni projet s’interrogent sur leur avenir". Et à l’intérieur, on nous entretient, cas par cas, du sort de François Fillon, Benoît Hamon, Myriam El Khomry, Cécile Duflot, Nathalie Kosciusko-Morizet  et les autres.

Tout ces ex, c'est tragique

Ils sont onze en photo ! Je ne veux pas être désagréable avec tous ces battus, mais imaginez ce matin, une chômeuse ou un chômeur simplement normal(e) qui tombe sur ces trois pages alors qu’elle se rend à son rendez-vous à Pôle emploi, où elle ou il va se faire trimballer par un conseiller débordé qui n’aura rien à lui offrir. Dans un pays de plus de trois millions et demi de chômeurs, dont nous, les médias, ne parlons généralement que de manière statistique, demandez-vous la tête qu’ils vont faire, ces anonymes sans visage, sans histoire, quand on va leur demander un peu d’empathie, voire de la solidarité, pour ces pauvres politiques battus, fort dépourvus quand la bise fut venue. Et ils boiront le calice jusqu’à la lie en se tapant, incrédules, l’interview du chasseur de têtes convié par le Parisien à réfléchir au sort si tragique de ces politiques sans emploi. Titre : "Afficher la tête d’un ex-ministre dans son entreprise, c’est chic". Super.

En revanche, croyez-moi, afficher dans son entreprise la tête de madame B, mère de famille de deux enfants, chômeuse de plus de cinquante ans, c’est beaucoup, beaucoup moins chic, pour ne pas dire pas chic du tout.  J’espère qu’au moins cette retape médiatique va aider ces malheureux demandeurs d’emploi qui doivent désormais "voler de leurs propres ailes". Je ne sais pas vous mais moi, vous l’avez compris, les politiques battus, je m’en soucie peu de ce qu’ils deviennent.

 

Le dicton du jour

À la saint Ulrich, le sort des pauvres politiques pourrait me rendre légèrement colérique.

\"Le Parisien\" du 10 juillet 2017.
"Le Parisien" du 10 juillet 2017. (DR)