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T'as vu l'info ? Encourager la lecture, quand on est Premier ministre, c'est tout sauf de la littérature

Une publicité dans un quotidien vante un livre écrit par le Premier ministre Edouard Philippe. Cela n'a pas échappé à Guy Birenbaum.

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Un livre ouvert dans les mains d\'un lecteur.
Un livre ouvert dans les mains d'un lecteur. (RON KOEBERER / AURORA CREATIVE)

A quoi tient un destin ? C’est la question presque philosophique que je me suis posé ce matin en ouvrant Le Figaro page trois. Une publicité achetée par l’éditeur Jean-Claude Lattès vante les mérites du livre du Premier ministre, Edouard Philippe, qui paraît justement aujourd’hui en librairie. Son titre : Des hommes qui lisent. Le texte de l’accroche de la publicité est assez éloquent : "Le récit d’un homme par les livres qu’il a aimés, qui l’ont marqué : des livres qui ont fait de lui, un fils, un père, un citoyen, un homme politique". J’aurais surtout rajouté "Un Premier ministre"  après "Un homme politique". 

Parce que, sans insulter les qualités d’écrivain d’Edouard Philippe, s’il était resté maire du Havre ou député, je ne suis pas tout à fait certain que cette publicité serait si bien placée, en page trois dans Le Figaro ce matin. Mais voilà l’élection présidentielle la plus folle de la Ve République est passée par là avec son lot d’événements les plus improbables. Le renoncement de François Hollande, à cause d’un livre, notamment (Un président ne devrait pas dire ça de Davet et Lhomme), le crash de François Fillon et, évidemment, l’élection d’Emmanuel Macron. Des événements imprévisibles qui ont conduit à l’Elysée Edouard Philippe qui ne pouvait pas imaginer, quand il s’est engagé dans la campagne de la primaire de la droite et du centre derrière Alain Juppé, qu’il finirait Premier ministre d’Emmanuel Macron.

Il faut pouvoir lire

En tous cas, aujourd’hui, on ne peut qu’être d’accord avec le propos du Premier ministre. Oui, il faut lire, c’est essentiel. Mais je dirais plutôt qu’il faut pouvoir lire. C’est à dire avoir eu la chance de naître puis de grandir dans un milieu familial où la lecture est favorisée. Là, le Premier ministre a un boulot monstrueux pour lutter contre les inégalités culturelles et sociales et ça ce n’est pas du tout de la littérature. Ecrire des livres dont tous les médias parlent, un peu parce qu’on est au pouvoir, c’est bien joli, mais aider nos mômes à en lire, des livres, c’est encore mieux. C’est justement un boulot de Premier ministre.

Le dicton du jour

 À la saint Antoine, décrétons que les livres sont un trésor de notre patrimoine. 

Un livre ouvert dans les mains d\'un lecteur.
Un livre ouvert dans les mains d'un lecteur. (RON KOEBERER / AURORA CREATIVE)