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Si j'étais... Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy a choisi François Fillon comme Premier ministre durant sa présidence de la République. Karl Zéro s'est imaginé dans la peau de l'ancien chef de l'État.

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Karl ZérofranceinfoRadio France

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Nicolas Sarkozy, ancien président de la République, en meeting à Nimes pour la primaire de la droite, le18 novembre 2016.
Nicolas Sarkozy, ancien président de la République, en meeting à Nimes pour la primaire de la droite, le18 novembre 2016. (PASCAL GUYOT / AFP)

Si j’étais Nicolas Sarkozy, je vous jure, même si vous allez avoir du mal à le croire, je serais bien embêté pour mon ami de 30 ans, François Fillon avec lequel je déjeunais encore il y a 15 jours. Je le revois, il était très serein, très confiant, il mangeait goulûment. Je lui avait donné quelques conseils pour constituer son gouvernement de mai prochain. Bon, évidemment, depuis, le pauvre s’est foutu tout seul dans un sacré pétrin avec cette histoire de Penelope.

Franchement. Il y a huit ans, quand il a eu la bonne idée de faire rémunérer son épouse, il aurait pu imaginer qu’un jour ça lui retomberait dessus. Mais à sa décharge, à l’époque, il n’avait aucune ambition présidentielle et il ne pouvait pas imaginer qu’un jour il remporterait la primaire de la droite contre moi et Juppé, d’autant que la primaire à droite ça n’existait pas et qu’à vrai dire, Fillon, il n’existait pas tellement non plus, hein.

On tire et après on discute 

Je le connais bien, mon François, et je peux vous dire qu’il n'a pas un gros mental pour résister aux calomnies. Le conflit c’est pas son truc, il n'est pas outillé pour tuer dans l’œuf les médisants. Dans des cas comme ça, faut pas réfléchir : tu défourailles, tu arroses les têtes de nœuds, tu fous les cadavres dans le coffre et hop, dans l’étang de Rambouillet  C’est une image, bien sûr. Moi, les mauvais coups, les diffamations, les gardes à vue, ça me motive, ça me revigore, j’adore ça !

C’est pour ça que je ne peux pas me mettre à la place de François. Déjà, moi, j’ai toujours eu des oreilles partout. Squarcini m’aurait informé bien avant parution que le Canard enchaîné préparait une bombe sale. J’aurais aussitôt envoyé Claude Guéant parlementer, pour calmer les esprits impertinents de ces messieurs, avec une mallette bien remplie. Parce qu’au nom de la démocratie, j’y veille, il faut aider cette presse irrévérencieuse qui ne se goinfre pas de publicité.

Bon, s’ils avaient persisté à faire la sourde oreille, Claude serait passé à l’option B : un joli jeu de photos artistiques montrant ces même messieurs en fâcheuse posture. En général, ça calme, ça éteint les incendies avant qu’ils ne se déclenchent, les pyromanes serrent la main du pompier et on en reste là.

L'Empire contre-attaque

Mais si, contre tout bon sens, le Canard avait malgré tout publié l’info, dans les 10 minutes j’aurais lâché mon pitbull, l’avocat Thierry Herzog, sur toutes les chaînes info, pour faire sa grosse voix, tout en inondant le Canard de papiers bleus, qu’ils comprennent bien qu’ils avaient franchi la ligne rouge. Hortefeux aurait allumé les contre-feux et Charron fait rire le tout-Paris de jeu de mots savoureux.

Puis dans la foulée j’aurais fourni à la justice les innombrables preuves du travail effectif de mon épouse, sous forme de listes de courses, de mots d’excuses, de bottin de la Sarthe et de constitutions de pays africains recopiées à la main dans la nuit par des sans-papiers. Tout en renvoyant Claude Guéant faire une petite tournée florentine auprès de nos amis de la magistrature afin de m’assurer que cette pénible et injuste affaire ne serait pas jugée avant 2028.

Bref, j’aurais fait tout ce que mon François ne fait pas.Dommage. On ne s’improvise pas chef. On naît chef ! Pourquoi vous croyez que c’était moi le président ?

Nicolas Sarkozy, ancien président de la République, en meeting à Nimes pour la primaire de la droite, le18 novembre 2016.
Nicolas Sarkozy, ancien président de la République, en meeting à Nimes pour la primaire de la droite, le18 novembre 2016. (PASCAL GUYOT / AFP)