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Si j'étais... Nicolas Sarkozy

Le duel du second tour de la primaire de la droite a eu lieu jeudi 24 novembre sans Nicolas Sarkozy. Karl Zéro s'est imaginé dans la peau de l'ancien président de la République.

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Karl ZéroRadio France

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Nicolas Sarkozy, candidat arrivé troisième au premier tour de la primaire de la droite lors de son allocution le 20 novembre 2016 à Paris.
Nicolas Sarkozy, candidat arrivé troisième au premier tour de la primaire de la droite lors de son allocution le 20 novembre 2016 à Paris. (IAN LANGSDON / POOL)

Si j’étais Nicolas Sarkozy, depuis que j’ai décidé "d’aborder la vie avec plus de passion privée et moins de passion publique", vous pensez bien que je n’aurais pas regardé le débat, hier soir à la télévision, ah ça non hein ! On avait mieux à faire, hein, Carla ! De toute façon, elle me l’avait interdit, je suis en sevrage depuis presque une semaine. Plus le droit de parler de politique, ni de s’y intéresser ou même d’y penser. Terminé. Ça fait un de ces biens, fou ! Comme si je respirais à nouveau !

Alors on a commencé par regarder un de nos DVD de chevet,  L’Aurore  de Friedrich Wilhelm Murnau, en 1927, une des œuvres préférées de Carla : c’est histoire de l'amour rayonnant d'un couple de paysans qui se voit menacé par une vamp venue de la ville. Murnau donne à ce drame conjugal éternel une magnifique ampleur, j’y vois l’apothéose tardive du muet, une somptueuse et dramatique étude de l'âme humaine et de la séduction féminine, bref c’est à couper le souffle. Je parle couramment le Télérama, hein ?

Tellement à couper le souffle, ce film, que Carla s’est rapidement assoupie, faut dire, elle l’a vu cent fois, avec un petit pétard c’est presque marrant, mais évidemment tu pionces assez vite.

Alors moi, j’en ai profité pour zapper en douce sur le débat, voir si au moins mon soutien au Nosferatu du Mans l’aidait à enfoncer un peu plus l’Hibernatus de l’entre-deux guerres, euh, de l’Entre-deux-mers, mais là… Pincé !

C’est pas qu’ils gueulaient, c’est pas le genre de la maison, mais Carla a ouvert les yeux, elle a tout de suite vu leurs deux trognes sur l’écran. Elle m’a tancé vertement, je peux vous dire : "Et ta promesse, mon Raymond ? Zappe, si tu veux, mais pas de politique ! Promis, chouchou ?" Facile à dire !

Moi, j’ai évidemment mon plan pour 2022. Je serais toujours plus jeune que Juppé aujourd’hui. D’abord je fais une année sabbatique, quelques conférences... Bon moins bien payés et moins loin ,OK, mais le Meuble 7 de Grigny m’a déjà appelé, donc je ne suis pas complètement démonétisé.

En 2018, Fillon est pris à la gorge par l’Europe, on est à 8%, alors référendum ! On sort, et là je remonte un think- tank avec Copé, Enrico, Barbelivien, Takieddine, tous ceux qui veulent. Et en 2022, je sors coup sur coup quatre bouquins de mémoires et boum ! J’y vais ! Allo, Brice ? Tu dors ou quoi ? Pardon chérie, tu dormais ? Excuse-moi, non c’est pas moi, c’est la télé.

Alors je zappe, le temps qu’elle se rendorme : Saint Etienne-Mayence en Europa League sur W9, bof. Les Visiteurs 2 sur TMC, bon... Il y a l’ami Clavier, mais c’est du vu et revu, il aurait du en faire un en Corse, ça aurait été plus poilant. Karaté Kid avec Jackie Chan sur France 4, j’adore, mais comme c’est un peu mon histoire avec Chirac, donc politique, pas le droit !

J’ai fini par rester sur Tout est possible sur M6 avec Kev et Gad à Bercy. Kev Adams et Gad Elmaleh, ils sont très drôles, hein, alors du coup j’ai bien rigolé. J’aime quand les choses sont carrées, simples: c’est marrant, tu ris, c’est triste, tu pleures, c’est Sarko,tu zappes... Voilà, ça y est, j’y repense !

Bon. Moi j’adore leurs prénoms qui claquent, Kev, Gad, c’est court et ça se retient. Si je m’étais fait appeler Nic, j’aurais sûrement passé la barre du premier tour. Je me suis dit, ça y est, c’était reparti, c’est vraiment un calvaire, je ramène tout à ça... Il y a toujours un coin qui me rappelle...

Si j’étais Nicolas Sarkozy, je vous dirais que…
Je marche seul le long des rues de France
Où nous allions tous les deux avant.
A chaque pas, je me souviens
Comme on s'aimait auparavant.
Comment pouvoir t'oublier, France?
Il y a toujours un coin en France qui me rappelle,
Toujours un coin qui me rappelle la France.
Je suis né pour t'aimer
Et je serai toujours ainsi.
Tu restes la vie de ma vie.
Wowowo. La Fran-ance. Pour la vie. Tout pour la France.
Double ration de frites pour ceux qui sont pas gaulois. Wowowo…

Nicolas Sarkozy, candidat arrivé troisième au premier tour de la primaire de la droite lors de son allocution le 20 novembre 2016 à Paris.
Nicolas Sarkozy, candidat arrivé troisième au premier tour de la primaire de la droite lors de son allocution le 20 novembre 2016 à Paris. (IAN LANGSDON / POOL)