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Si j'étais... Marine Le Pen

Marine Le Pen a présesenté ses vœux à la presse mercredi et a évoqué les soucis financiers de son parti. Karl Zéro s'est imaginé dans la peau de la présidente du Front national.

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Karl ZérofranceinfoRadio France

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Marine Le Pen, présidente du Front national, lors de ses vœux à la presse, à Paris, le 4 janvier 2015.
Marine Le Pen, présidente du Front national, lors de ses vœux à la presse, à Paris, le 4 janvier 2015. (ALAIN JOCARD / AFP)

Si j’étais Marine Le Pen, je serais dans une terrible colère, mais contenue, froide et rentrée, comme toujours. La conduite de tous ces banquiers français qui refusent de prêter au Front national de quoi financer ma campagne est in-to-lé-rable.

Les ingrats ! Quand je pense qu’en avril dernier, l’égérie anti-système que je suis, la mère Teresa de tous les exclus Français de souche, s’est faite violence en votant à Strasbourg en faveur de la directive européenne du secret des affaires, qui les protège, ces banquiers d’affaires véreux et autres multinationales vivant du malheur des pauvres que je dénonce inlassablement !

Marine qui vote comme les députés UMPS, je pensais qu’ils comprendraient le message, chez Lazare ou à la Rothschild : Marine est fréquentable, Marine est casher. Aboulez le cash ! Mais tu penses ! Peau de zébi, oui !

Si j’étais Marine Le Pen, j’aurais alors espéré (en toute logique) qu’une banque russe allait nous financer. Avec Poutine et Trump, j’incarne quand même l’avenir, non ?

2017, c'est mon année, pourtant

C’est d’ailleurs ce que j’ai finement fait remarquer aux journalistes venus patiemment écouter mes vœux, mercerdi 4 janvier. Je leur ai dit : "Arrêtez de décrire le monde tel que vous voudriez le voir, et pas tel qu’il est !" Heureusement, il y a l’agence Bloomberg. Eux, c’est des pointures. Début 2016, Ils avaient prédit le Brexit et anticipé la victoire de Trump à la présidence des États-Unis, avant même qu'il ne soit désigné par le camp républicain.

Ça s’appelle avoir du pif ! Ou avoir Elizabeth Tessier dans la besace ! Eh bien ! pour l'année 2017, Bloomberg remet ça et prédit ma victoire à l'élection présidentielle !  Et dans la foulée un triomphe du "oui" au "Frexit", le référendum sur la sortie de la France de l'Union européenne.

Normalement, t’es un banquier russe, tu vois ça sur Bloomberg, direct tu prêtes 30 millions au Front ! Eh ben non ! C’est pourtant dans cet espoir, pour leur faire un énorme appel du pied, que j’ai dit publiquement que la Crimée avait toujours été russe, et que son annexion n’en est pas une. D’autant qu’il y a des précédents avec les Russes : en 2014, le FN avait obtenu un prêt de 9,8 millions de dollars d’un établissement bancaire de Moscou. Mais bon, il a fait faillite depuis. Faut dire qu’on l’a jamais remboursé.

Non, le souci, je crois que c’est Farid Fillon. Depuis qu’il est arrivé en tête à la primaire de la droite (et des intentions de vote à la présidentielle), Poutine sait qu’il a un ami dans la place. Il a plus besoin de moi, le Vladimir. Un ingrat, lui aussi.

Heureusement, il y a la famille

Du coup, après l’avoir éjecté, j’ai été obligée d’aller ramer, supplier papa à genoux de me prêter six millions d’euros, via son micro parti Cotelec, qui fait aussi banque privée, à ses heures perdues. C’est très, très humiliant à mon âge. J’ai passé l’âge de l’argent de poche. Après ça, comment voulez-vous que je le condamne s’il recommence à tweeter en allemand ? Papa finance, donc je vous fais pas un dessin, il va nous imposer de refoutre ses lubies à la con dans le programme, c’est fatal.

Sinon, il me reste le film qui sort sur moi, vous savez celui où le "Pot à tabac" Catherine Jacob joue mon rôle. Chez nous, ça s’appelle. Si ce navet marche, j’attaque le producteur en diffamation et je ramasse le gros lot. L’ennui, c’est que ça ne sort que le 22 février. Ça ne me laisse pas beaucoup de temps avant le premier tour. Bref, à part demander à maman Pierrette de reposer dans Playboy, je ne vois plus trop…

Marine Le Pen, présidente du Front national, lors de ses vœux à la presse, à Paris, le 4 janvier 2015.
Marine Le Pen, présidente du Front national, lors de ses vœux à la presse, à Paris, le 4 janvier 2015. (ALAIN JOCARD / AFP)