Si j'étais..., France info

Si j'étais... Emmanuel Macron

Karl Zéro s'est imaginé dans la peau du candidat En marche ! à la présidentielle.

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Emmanuel Macron à Baercy, le 17 avril 2017.
Emmanuel Macron à Baercy, le 17 avril 2017. (ERIC FEFERBERG / AFP)

Si j’étais Emmanuel Macron, à six jours du premier tour, je serais quand même en proie au doute. De candidat antisystème sorti de nulle part et "en marche" vers une victoire assurée il y a encore un mois, me voici maintenant au coude à coude avec les Le Pen, Mélenchon et Fillon. Il y a un truc que je ne m’explique pas: comment quelqu’un qui il y a un mois disait vouloir voter pour moi pourrait finalement aller voter… pour eux ? On n’a rien en commun…Vous avez vu comment j’ai rempli Bercy hier, 20 000 fans en délire ? Et en même temps, vous avez vu ma pléiade de stars ? Et en même temps, vous avez vu cette France de demain, jeune, réconciliée et heureuse ? Et en même temps, après ça, malgré ça, vous iriez voter pour ces candidats qui se gargarisent d’idées passéistes, ces vieillards tatillons et grincheux, perclus d’aigreurs et en même temps de rhumatismes ?

Non, je me rassure: si j’étais Emmanuel Macron, pour que je ne passe pas la barre du premier tour, faudrait vraiment qu’on me colle une monstrueuse affaire financière, un pur scandale de malade mental, genre que j’ai planqué une tonne de pognon à gauche, un truc horrible qui me fasse dévisser de trois points en six jours…

Soyons sérieux, j'ai tout balancé

L’entourage de Fillon l’avait trouvé, justement, mais j’ai éteint l’incendie… avant même qu’ils ne l’allument. Un lundi de Pâques, pensez ! Je supputais qu’avec ces grenouilles de bénitier je n’avais rien à craindre ce jour-là, rien ne sortirait, ou alors ça aurait été un défi au sens commun… Je suis allé chez Bourdin, il était joueur, il m’a dit "7 fois 8" ? Je lui ai dit soyons sérieux, et j’ai tout balancé, avant les petits potes de Fillon: et l’héritage caché de mon mentor Henry Hermand, (et) les comptes dans les paradis fiscaux, et tout et tout, j’ai dit.

J’ai même fait, un peu bêtement, un pléonasme en disant qu’il "m’était insupportable qu’on fasse courir de fausses rumeurs"… Comme si les vraies, j’avais rien contre, quoi… Seulement une rumeur, j’ai re-vérifié après sur Wikipédia c’est "un phénomène de transmission large d’une histoire à prétention de vérité" donc… c’est toujours faux. Jusqu’à ce que ça devienne vrai, mais là c’est plus une rumeur, c’est une info.

Enfin, ça ne m’arrivera pas, ça. D’ailleurs, j’ai annoncé que le notaire d’Henry Hermand va en fournir toutes les preuves dès aujourd’hui. Eh ! oui chacun sait à quel point la parole d’un notaire est fiable, et indiscutable… Oui, bon, là aussi, j’aurais peut-être du me taire. Mais j’étais lancé, donc…

Tu dénonces, et ça fait une info

Après j’ai dit que j’avais gagné 3,3 millions d'euros en six ans, mais qu’à la fin des six ans il ne me restait que 270 000 euros, mais que non j’avais pas claqué comme un bâtard, j’avais honnêtement payé mes impôts et vécu simplement.
Bref, plus j’aurais parlé à ce Bourdin de malheur, plus je me serais dit (si j’étais Emmanuel Macron) que j’aurais du la boucler. Tordre le cou à une rumeur avant que les gens ne la connaissent, c’est quand même hyper risqué. Tout le monde peut se dire qu’il n'y a pas de fumée sans feu. Ça fait que tout le monde est au courant…Tu dénonces la rumeur, ce faisant ça devient une info…

Et en même temps que faire, vu que ça allait sortir ? J’ai voulu refaire le coup de l’autre fois, quand la presse russe avait fait courir des bruits sur mon homosexualité supposée. Ça avait marché. Sauf que pédé, tout le monde s’en fout. Alors que blindé, ça…c’est une autre histoire…

Emmanuel Macron à Baercy, le 17 avril 2017.
Emmanuel Macron à Baercy, le 17 avril 2017. (ERIC FEFERBERG / AFP)