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Si j'étais... David Pujadas

Karl Zéro s'est imaginé dans la peau de David Pujadas, remplacé à la présentation du 20h de France 2 par Anne-Sophie Lapix.

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David Pujadas le 18 mai 2017.
David Pujadas le 18 mai 2017. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Si j’étais David Pujadas, je me serais donc fait lourder du jour au lendemain, après 16 ans de bons et loyaux services au JT de France 2. Mon éjection n’a évidemment rien à voir avec l’arrivée d’un nouveau président, m’a immédiatement rassurée Mme Ernotte, ma présidente à moi, celle qui embrasse le président Macron quand elle le croise… Elle m’a dit : "J’en ai mal dormi, je suis toute émue de vous annoncer ça…" "Mais vous auriez du m’appeler je vous aurais chanté une berceuse !", je n’ai pas osé lui dire…

Loin de moi, bien entendu, l’idée que quand on embrasse quelqu’un, on peut lui demander tout ce qu’on veut. Mais vous savez ce que c’est, dans ces cas-là, on gamberge, forcément… et je n’ai pas pu m’empêcher de chercher dans ma petite tête ce que j’avais pu dire à Macron, lors de nos différents débats ou émissions politiques communes, qui auraient pu le fâcher au point qu’il demande ma tête…Aurais-je été trop dur, trop intransigeant ?

Le 2 mars dernier, par exemple, jour où il m’avait réservé son 20h pour venir expliciter son programme ? Impossible ! J’en ai la preuve : les commentateurs m’ont incendié le lendemain ! Ils m’ont traité, moi, David Pujadas, de valet, de cire-pompes, me décrivant comme "pas assez incisif, laissant parler Macron à sa guise, entamer un monologue ininterrompu pour dérouler au mieux son programme".

Sur Twitter, les commentaires ont été violemment cyniques : "Implacable question de David Pujadas : est-ce que vous pensez être prêt à gouverner la France si vous gagnez ? Acculé, Macron avoue : oui". Même Fabienne Sintes a remarqué que nous avions ce jour-là le même costume et la même cravate, et que tiens, c’était curieux.

Un fusible et sa tribune ampoulée

Donc, à l’évidence mon limogeage ne peut pas venir pas de Macron. N’empêche que ça tombe mal pour lui, et qu’il va certainement remonter les bretelles de Mme Ernotte. Le timing est terrifiant. Immanquablement, ça va passer pour une preuve de la première collusion médiatico-politique sous l’ère Macron, même si ça ne l’est pas. Peut-être même que Mme Ernotte se verra à son tour contrainte de faire ses cartons. A moins qu’il y ait un fusible.

Mais oui ! Je n’y pensais plus à celui-là ! Faut dire qu’on le voit jamais… Il y a Michel Field, le directeur exécutif de l’information de France Télévisions ! Ah lui, trop fort ! Comme par hasard le jour où moi, David Pujadas, je suis viré, il publie une tribune dans Libération dont, après lecture – fastidieuse, tant sa langue est ampoulée… on dirait du Cloclo, enfin je m’comprend – il ressort que pour reconquérir les citoyens devenus méfiants à l’égard des médias il faut de nouvelles têtes; issues de la diversité. Comme par exemple ma remplaçante Anne-Sophie Lapix qui est… Basque

Oh ! il ne le dit pas aussi cash que ça, mais c’est l’esprit. A croire que j’incarne physiquement le vieux mâle, matois et dépassé, et un  journalisme de connivence qui fait fuir le téléspectateur ! Et Field de s’enflammer : notre rôle c’est de "rendre visible les invisibles"… Attention Michel, tu as beau être invisible à la rédaction, ça devient visible, et à terme, invisible tu vas l’être pour de bon à ton tour !

David Pujadas le 18 mai 2017.
David Pujadas le 18 mai 2017. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)