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Planète Géo. Le Ladakh, terre de ferveur bouddhique

Situé sur les contreforts de l’Himalaya indien, entre 3 500 et 7 000 mètres d’altitude, le Ladakh attire de plus en plus de touristes, en grande majorité des Indiens.

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Sandrine MarcyfranceinfoRadio France

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Le Ladakh attire de plus en plus de touristes, en grande majorité des Indiens. Mais pendant les longs mois d'hiver, les habitants restent quasiment coupés du monde.L'histoire du Ladakh est émaillée de conquêtes et de guerres, rappelle Loïc Grasset dans le magazine Géo.

"Ce Royaume qui est resté indépendant pendant 900 ans, fut conquis par le Cachemire en 1684 dont il est resté une dépendance, du temps de l’Empire britannique puis de l’Union Indienne". 

Un territoire isolé du monde six mois de l'année

Pour les quelque 250 000 habitants, se déplacer sur les routes, entre congères et précipices, devient très difficile, "notamment entre Leh, la capitale, et le col de Khardung, où la route passe à 5 600 mètres d’altitude !

"Entre novembre et avril, pour atteindre la région reculée du Zanskar, il faut marcher sur un fleuve gelé pendant trois à quatre jours".
De décembre à mai, Internet est coupé, à cause des intempéries, de la neige.

Les habitants cultivent une vie simple et spirituelle

Le bouddisme et l'entraide sont la base de leur existence. "Une fois par an, lorsque la dernière lune de l’hiver est pleine, se déroule le Gochak : une procession qui célèbre le premier sermon de Bouddha, il y a 2 500 ans.
Les prieurs défilent dans les rues de Leh, jusqu’à l’ancien palais royal de Namgyal Hill. Trois boucles de 18 kilomètres et 20 heures de prosternation et de prières, pour atteindre un état proche de l’ataraxie".

"Le mois de mars est sacré : viande et alcool sont interdits, la population se purifie le corps, la parole et l’esprit".

"Beaucoup de familles encore, offrent aux monastères l’un de leurs fils qui devient moinillon dès l’âge de 4 à 5 ans"... 
"Aujourd'hui, il reste une demi-douzaine de monastères, comme celui de Stakna situé à 20 kilomètres de la capitale. Haut lieu de la spiritualité : le monastère de Thiksey à l’est de Leh, la capitale."

Ouverture au tourisme

Ce territoire situé aux frontières du Pakistan et de la Chine, occupe toujours une position stratégique et a longtemps été une zone militaire interdite d'accès.
Mais depuis 1974, les touristes peuvent s'y rendre et le phénomène s'est amplifié ces dernières années : "Depuis 2005, le nombre de touristes est passé de 35 000 à  235 000 par an (dont 200 000 Indiens). Le tourisme représente 60% du PIB ".

Comment préserver les valeurs spirituelles

"Le tourisme rapporte jusqu’à 800 euros par mois à un foyer, alors que le revenu moyen par an, est de 2 000 à 3 000 euros. Ce qui n’est pas sans influence sur la disparition de certains métiers. (ex. avec le témoignage d’une bergère)

"Le progrès et les influences occidentales et indiennes commencent à fissurer le tissu social. Le goût pour la consommation a fait son entrée mais les traditions et l’esprit de solidarité demeurent

 On reste encore très loin de nos sociétés occidentales, et une fois les touristes partis, les habitants revêtent la Goncha, la traditionnelle robe couleur lie de vin.