On s'y emploie, France info

On s'y emploie. Peut-on travailler sans le bac ?

"On s'y emploie", c'est tous les dimanches un gros plan sur le monde du travail, avec une personnalité qui l'éclaire.

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
avatar
Philippe DuportfranceinfoRadio France

Mis à jour le
publié le

Des lycéens regardent les résultats du baccalauréat.
Des lycéens regardent les résultats du baccalauréat. (RICHARD BOUHET / AFP)

 Aujourd'hui on revient sur les résultats du bac. Avec cette question : peut-on encore trouver du travail sans le bac ? Pascale Rouaud est chargée d'étude au Céreq, le centre d'études et de recherches sur les qualifications. En 2017, il faut absolument avoir le bac ou un diplôme type CAP pour trouver du travail...

P.R. : il faut absolument avoir un diplôme quand on quitte le système éducatif pour s'insérer dans la vie active. C'est de plus en plus indispensable. Ce diplôme n'est pas nécessairement un baccalauréat. Un CAP permet de bonnes perspectives d'emploi.

Dans quelles proportions ces jeunes sont-ils plus touchés par le chômage ?

P.R. : Ils sont extrêmement vulnérables sur le marché de l'emploi. Pour la génération 2013, seuls 40% d'entre eux sont en emploi. Leur taux de chômage est de 50%. 

Cela dure dans le temps ?

P.R. : Ce handicap va se poursuivre. Sept ans après leur sortie du système scolaire, le taux de chômage pour les non-diplômés est encore de 26%, alors que pour l'ensemble de la génération il n'est que de 11%. L'absence de diplôme n'est pas une fatalité. Il faut inciter les jeunes sans diplôme à en obtenir un ou une certification. S'ils viennent d'échouer à leur bac ou à leur CAP, ils ont tout intérêt à retenter leur chance l'année prochaine. Ils peuvent aussi penser à une réorientation. Les jeunes qui ont quitté le système depuis plus longtemps devraient chercher à passer une certification ou un titre professionnel.

Comment se situe la France par rapport à ses voisins européens ?

P.R. : Assez bien. Le taux de "sortants précoces", un jeune qui est sorti du système et qui n'est pas en formation durant le mois qui précède l'enquête, est de 9% contre une moyenne européenne de 9%. Mais il y a de grosses différences en Europe, avec la Suède qui se situe à 7% et l'Espagne aux alentours de 20%.

Des lycéens regardent les résultats du baccalauréat.
Des lycéens regardent les résultats du baccalauréat. (RICHARD BOUHET / AFP)