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On s'y emploie. La face cachée des start-ups

"On s'y emploie", c'est tous les dimanches un gros plan sur le monde du travail, avec une personnalité qui l'éclaire. Aujourd'hui, portrait au vitriol du monde fantasmé des start-ups, par une jeune femme qui en décrit sans concession les coulisses...

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franceinfoPhilippe DuportRadio France

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L\'envers du décor du monde des start-ups dénoncé par Mathilde Ramadier. Photo d\'illustration.
L'envers du décor du monde des start-ups dénoncé par Mathilde Ramadier. Photo d'illustration. (HINTERHAUS PRODUCTIONS / DIGITAL VISION /GETTY IMAGES)

Mathilde Ramadier vient de faire paraître Bienvenue dans le nouveau monde, aux éditions Premier parallèle. Elle y décrit ses années dans la capitale de la bohème digitale, Berlin, Silicon Allee, terreau fertile pour les start-ups. C'est quasiment un reportage, c'est dur, implacable.

Travailler dans une start-up, c'est vraiment l'horreur ?

M. R. : ça a été l'horreur pour moi en tout cas, et le nombre d'expériences que j'ai eues pendant quatre ans m'a permis de généraliser mon propos et de mener une analyse plus en profondeur dans ce livre. C'est vrai que j'ai vécu tout ça à Berlin, mais Berlin est un peu en avance sur Paris, et le message diffusé par les start-ups est un message universel. 

En quoi consistait votre travail ?

M.R. : j'en ai eu plein, je travaillais dans l'éditorial, dans la communication et le marketing en tant que rédactrice ou traductrice, j'étais ce que l'on appelle manager de contenus, payée souvent une misère, très loin du salaire normal d'un cadre. J'ai eu 960 euros bruts pour 4/5e, des salaires horaires inférieurs au smic à l'époque où le smic n'était pas entré en vigueur en Allemagne, et j'ai eu surtout un grand nombre de contrats en free-lance alors qu'il s'agissait, sur l'annonce, d'une embauche. 

Est-ce le cas pour tous les employés des start-ups, qui sont surdiplômés et qui font des boulots abêtissants ?

M.R. : oui on fait des boulots pour lesquels on est surqualifié, et on l'accepte parce qu'il y a peu d'autres choix et parce que le milieu des start-ups demeure très sexy et les jeunes qui ont peu d'expérience avant pensent que c'est la norme.

L\'envers du décor du monde des start-ups dénoncé par Mathilde Ramadier. Photo d\'illustration.
L'envers du décor du monde des start-ups dénoncé par Mathilde Ramadier. Photo d'illustration. (HINTERHAUS PRODUCTIONS / DIGITAL VISION /GETTY IMAGES)