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Nouveau monde. Une puce sous la peau pour remplacer un badge d’accès ?

Se faire implanter une puce sous la peau pour remplacer son badge électronique, ce n’est plus de la science-fiction. Cela commence à se pratiquer dans certaines entreprises.

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franceinfoJérôme ColombainRadio France

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Une puce à implanter sous la peau, présentée à l\'IFA, le salon de l\'électronique de Berlin, en 2015.
Une puce à implanter sous la peau, présentée à l'IFA, le salon de l'électronique de Berlin, en 2015. (JOHN MACDOUGALL / AFP)

Des entreprises mettent des puces sous la peau de leurs employés afin de remplacer les badges électroniques. Une implantation qui devient de plus en plus courante.

En Belgique, la société New Fusion, spécialisée dans les technologies et le marketing digital, vient de "pucer" huit de ses employés. Ils se sont fait implanter sous la peau, dans le gras de la main, entre le pouce et l’index, un petit composant de la taille d’un gros grain de riz qui remplace leur badge d’accès et leur permet d’ouvrir les portes. Cela peut aussi servir de carte de visite pour transmettre ses coordonnées vers un smartphone. Evidemment, tous ces employés étaient volontaires. L’idée est même venue d’eux-mêmes, notamment l’un d’entre eux qui oubliait tout le temps son badge.

Des applications déjà nombreuses

Dans certaines villes (Londres, Hambourg, Bonn, Munich, Moscou…), il est possible aujourd’hui de se faire "pucer" pour utiliser les transports en commun. Il s’agit de puces RFID qui fonctionnent sans énergie. En Russie, cela s’achète sur Internet pour moins de 100 euros, kit d’installation compris. La plupart du temps, il est possible de la retirer soi-même assez facilement. Attention, cependant, il y a un problème technique tout bête : il ne suffit pas de se faire implanter une puce pour pouvoir ouvrir toutes les portes. Encore faut-il que le système soit compatible. Par exemple, à Paris, le pass Navigo n’est pas compatible avec ces implants. Aux Etats-Unis, il est possible également, depuis quelques années, de "pucer" ses enfants pour ne pas les perdre. Cela se pratique aussi pour les malades d’Alzheimer. Il s’agit alors de puces GPS un peu plus évoluées.

Une barrière psychologique

L’idée d’implanter une puce sous la peau suscite toujours beaucoup d’inquiétudes. La peur d’un flicage généralisé, par une entreprise ou un État, demeure tenace. Cela renvoie à des images effrayantes de totalitarisme numérique entretenue par une littérature abondante sur le sujet. Le concept d’une authentification électronique directement associée au corps humain semble constituer une barrière psychologique infranchissable. Pourtant, pour certains, ce n’est pas pire qu’un implant dentaire, surtout si c’est la garantie de se faciliter la vie sans plus jamais se retrouver sans badge d’accès. Cependant, le risque d’un fichage abusif est déjà une réalité. Ainsi, des prostituées ont été  "pucées" par leurs proxénètes.

Une puce à implanter sous la peau, présentée à l\'IFA, le salon de l\'électronique de Berlin, en 2015.
Une puce à implanter sous la peau, présentée à l'IFA, le salon de l'électronique de Berlin, en 2015. (JOHN MACDOUGALL / AFP)